copyright sylvain Martin

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Poétique, Onirique, Eloquent.

Au sud du Mexique dans le Yucatán "berceau de la  civilisation maya" , la nature luxuriante est détruite peu à peu par l’agriculture intensive et la civilisation moderne. Nous allons à la rencontre de Cécilia autochtone et d' Amalia de langue et de culture bien différentes.

Deux jeunes femmes face à la transformation et à la violence du monde.

La famille de Cécilia, maya, vit depuis des siècles sur ces terres détruites et réduites peu à peu par la déforestation due à l’agriculture intensive pratiquée par la communauté mennonite de laquelle est issue Amalia. Congrégation  qui sera elle aussi obligée de s’exiler par la venue des promoteurs et du monde moderne.

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Cécilia vit en compagnie de son père cultivateur et du fantôme de sa grand-mère qui vient la visiter fréquemment car elle ne peut ‘vivre’ sa mort en paix tant que ne lui sera pas offert la sépulture de son choix auprès pied de "son arbre". C’est un monde onirique, mystérieux, surnaturel plein de poésie.

La famille d’Amélia est de religion mennonite. Les mennonites vivent entre eux, refusent  tous  objets modernes (télévision, radio...) ainsi que le savoir  autre que religieux à leurs enfants... Un monde sévère, stricte et refermé sur lui-même.

Amélia rêve d’apprendre et de voir d'autres horizon,  sa rencontre avec Cécilia la mènera sur le bon chemin comme Abuela avait jadis fait pour Cécilia en lui apprenant la langue et la philosophie  maya.

Autour de ces deux jeunes femmes gravitent la sœur jalouse d’Amélia, sa mère autoritaire et rigide, le fantôme d’Abuela la grand-mère de Cécilia: de remarquables  portraits de femmes.

Dans une scénographie   sobre et efficace, nous rencontrons ces deux familles bien différentes qui vont subir les  aléas de la société du pouvoir et du profit.

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La mise en scène de Jean Boillot et  la scénographie de Laurence Villerot sont  éloquentes. En fond de plateau, un énorme tronc d'arbre mort  empli l’espace, c'est le symbole de la déforestation où sont donc les forêts luxuriante du Yucatán ...?   

Sur scène,  baignée de lumière, apparaissent; côté jardin la mère et ses filles mennonites vêtues en 'uniforme' : robes sobres, tabliers, bas et bonnets blancs et contrastant avec  les couleurs vives et gaies de la famille maya côte cour. C'est émouvant et révélateur.

Les costumes d'une belle esthétique Virginie Bréguer  et la création sonore de Christophe Hauser éloquente, intensifient les émotions

Les comédiens, Lya Bonilla / Sophia Fabian  / Christine Muller  / Giovanni Ortega / Cyrielle Rayet  / Stéphanie Schwartzbrod nous émeuvent. D’ethnies diverses, la musique des accents se croisent, le maya et l’espagnol par petites touches viennent enrichir la langue française. Le père de Cécilia nous ravie en parlant aux oiseaux. C’est rempli de poésie.

Bel hommage à toutes ces ethnies qui sont détruites par la mondialisation et la dégradation de la nature ainsi qu’à sa jeunesse qui se bat pour aller de l’avant.

Claudine Arrazat  
 

 

Assistant à mise en scène : Philippe Lardaud  / Conseil dramaturgie : David Duran Camacho / Scénographie : Laurence Villerot / Création lumière : Ivan Mathis  / Création costume : Virginie Bréguer  / Création sonore : Christophe Hauser

Création novembre 2022

 

Au théâtre Jean Vilar de Vitry sur seine dans le cadre du focus mexicain  et des théâtrales Charles Dullin.

Mardi 8 novembre 2022 - 14H30  / Mercredi 9 novembre 2022 - 20h00  / Jeudi 10 novembre 2022 - 14H30  / Vendredi 11 novembre 2022 - 15h00

 NEST - CDN Thionville  Mercredi 16 novembre - 19h / Jeudi 17 novembre 2022 - 20h / Vendredi 18 novembre 2022 - 20h

Bords 2 Scènes  Vitry-le-François Jeudi 1 er décembre 2022 – 20h30

 EMC, Saint-Michel-sur-Orge Jeudi 8 décembre 2022 - 20H30

Tag(s) : #TH Jean Vilar Vitry sur seine, #Critiques

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