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c-ARNAUD GALY-

c-ARNAUD GALY-

Puissant – Bouleversant – Nécessaire

Dès les premiers mots, nous sommes happés par l’écriture d’Israël Nzila et son étonnante musicalité. L’histoire se construit sous nos yeux : les mots se répètent, se répondent, les phrases hésitent, s’interrompent et repartent. Elles se défont et se reconstruisent, à l’image de ces femmes que le viol a détruites et qui doivent, elles aussi, tenter de se reconstruire. Ce jeu donne au texte son rythme, son souffle et toute sa puissance.

"Une femme, Makeda, observe sa voisine, immobile derrière sa fenêtre. Son foulard rouge, son pagne, sa peau luisante attirent son regard. Elle s’interroge. Pourquoi cette femme ne bouge-t-elle pas ? Que regarde-t-elle ? À qui pense-t-elle ?"

Son imagination prend le relais, derrière ce silence se dessine une histoire terrible. Celle d’une femme qui sourit parce qu’elle n’a plus de larmes pour pleurer.

L’horreur se dévoile. La guerre surgit dans les mots : violences,  viols,  corps meurtris, enfants devenus soldats forcés à commettre l’impensable. Une réalité innommable et bouleversante. Les mots sont parfois crus, et ébranlants, à la hauteur des atrocités vécues.

c-ARNAUD GALY-

Israël Nzila donne une voix à toutes ces femmes victimes de la guerre, dont les souffrances restent souvent invisibles à ceux qui regardent les conflits de loin. Il transforme leur silence en un cri. Pour écrire Silence, il a notamment été marqué par les écrits du docteur Denis Mukwege, prix Nobel de la paix en 2018 pour son combat contre les violences sexuelles utilisées comme armes de guerre.

Une belle métaphore traverse le texte : Makeda boit un café trop chaud qui la brûle mais, ne pouvant faire autrement, continue à le boire et finit par s’y habituer. Une image qui fait écho aux atrocités de la guerre qui, à force de se répéter, finissent presque par devenir habituelles.

Jean-Paul Delore orchestre avec finesse et sobriété cette montée vers l’horreur. La musique de Rodriguez Vangama et Alexandre Meyer accompagne les mots, avec des sonorités africaines qui renforcent l’émotion.

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Lindiwe Matshikiza porte cette parole avec un immense talent. Profondément émouvante, elle nous fait ressentir, par ses mots, ses silences, ses hésitations et ses colères, toute la violence de cette histoire.

Dans quelques jours, Silence sera présenté à Ouagadougou dans une version chorale, ce qui donnera sans doute une nouvelle dimension à cette écriture déjà très musicale.

Un spectacle d’une grande force, porté par une écriture magnifique et une interprétation bouleversante. Un cri contre le silence et l’horreur de la guerre.

Claudine Arrazat – CritiqueTheatreClau.com – Spectacles Vivants

 

c-ARNAUD GALY-

VU au festival des écritures francophones à Limoges le 30 oct 2026

Silence, texte finaliste du Prix RFI théâtre 2024 et lauréat des Récréâtrales, l'auteur congolais Israël Nzila compose une parole nerveuse, fragmentée, traversée de répétitions, de souffles et d'éclats. Une langue qui avance au bord de la rupture.

Tag(s) : #Critiques, #C.Arrazat
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