Captivant. Éloquent.
Paris, août 1944. Les Alliés approchent et les combats pour la libération de Paris ont commencé. À l’hôtel Meurice, quartier général des forces allemandes, le général Dietrich von Choltitz, gouverneur militaire de Paris, a reçu d’Hitler l’ordre de détruire la capitale.
Cyril Gély imagine le face-à-face entre ce général allemand et Raoul Nordling, consul général de Suède, qui se sont réellement rencontrés à plusieurs reprises. Un huis clos où vont s’affronter deux hommes, avec en jeu le sort de Paris et de milliers de vies.
Nous sommes à l’hôtel Meurice, dans les appartements occupés par le général von Choltitz. Un grand bureau, quelques fauteuils, le téléphone et une immense carte de Paris composent le décor. Autour de lui, ses officiers s’affairent : les ordres sont donnés, les points à détruire repérés sur la carte. La destruction de Paris se prépare.
À l’extérieur, les combats se rapprochent et les explosions se font entendre. C’est dans ce climat que Raoul Nordling apparaît de façon totalement inattendue. Surpris et intrigué, le général cherche à savoir comment il a pu pénétrer dans sa chambre sans être vu. Nordling entretient quelque temps le mystère et lui raconte une ancienne histoire d’amour liée à Napoléon III et à l’hôtel.
Cet amusant intermède passé, Nordling tente de le convaincre de renoncer à détruire Paris. Il lui rappelle les milliers de vies qui seraient sacrifiées et l’interroge sur sa responsabilité et sa conscience. Mais peu à peu, nous découvrons, derrière l’autorité du militaire, un homme pris au piège, soumis lui aussi à une terrible menace s’il désobéit à Hitler. Von Choltitz se retrouve face à un choix impossible.
Comment Nordling réussira-t-il à le faire vaciller ?
La mise en scène de Béatrice Agenin est orchestrée avec finesse. Les silences, les regards et les déplacements accompagnent ce face-à-face et font peu à peu monter la tension.
La scénographie de Catherine Bluwal, réaliste et élégante, nous plonge immédiatement dans l’atmosphère de l’époque. En arrière-plan, derrière les fenêtres, se dessinent Paris et la tour Eiffel. Une vision émouvante de la capitale encore intacte, dont cette nuit aurait pu être la dernière.
Les lumières de Laurent Béal et Didier Brun accompagnent les différentes atmosphères. Les costumes de Valentin Dorogi soulignent le contraste entre les deux hommes : l’uniforme strict et décoré de von Choltitz face au costume sombre et élégant de Nordling.
Dominique Pinon, dans le rôle du général Dietrich von Choltitz, est remarquable. Autoritaire, froid et déterminé, il laisse peu à peu apparaître les failles d’un homme pris au piège.
Bruno Putzulu interprète avec justesse Raoul Nordling. Calme et déterminé, il observe son adversaire, avance habilement ses arguments et cherche peu à peu à ébranler ses certitudes.
Tous deux nous captivent et nous entraînent avec brio dans cet épisode de l’Histoire qui aurait pu en changer le cours. Leurs regards, leurs silences et leurs affrontements donnent toute sa force à ce face-à-face et maintiennent la tension jusqu’au bout.
Amine Chaïb et Valentin Martinie, dans les rôles des deux officiers allemands, participent pleinement à la qualité de cette belle distribution.
Une page émouvante de notre Histoire, qui aurait pu changer le destin de Paris.
Claudine Arrazat critiquetheatreclau.com Spectacles Vivants
Assistant à la mise en scène Emmanuel Gaury / Bande son Michel Winogradoff Matte painting / Cyrille Valroff coproduction MK PROD' et Billal Chegra Photos Bernard Richebé
Du 23 septembre 2026 au 3 janvier 2027 Théâtre Hebertot : du mardi au samedi à 21h
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