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Photos : Pierre Grosbois

Photos : Pierre Grosbois

Bouleversant. Saisissant.  Poignant.

Écrit en 1999, 4.48 Psychose est le dernier texte de Sarah Kane, figure marquante du théâtre britannique des années 1990. L’autrice se suicide la même année, à seulement 28 ans. La pièce ne sera jouée qu’après sa mort et sera alors souvent considérée comme son testament.

Mais au-delà de son histoire personnelle, Sarah Kane nous livre un texte d’une grande force qui nous entraîne dans les méandres et les profondeurs d’un esprit partagé entre le désir de vivre et celui d’en finir. La douleur, la colère, la solitude, le besoin d’amour et le désir d’être entendue résonnent à travers son écriture.

Seule sur ce grand plateau presque vide, Sandrine Bonnaire reste d’abord silencieuse, perdue dans ses pensées, comme enfermée dans son propre monde. Puis le silence se brise, les mots surgissent. Son visage, son regard et son corps expriment tour à tour la douleur, la colère, la révolte. Elle passe d’un état à l’autre avec une grande intensité.

Photos : Pierre Grosbois

Sandrine Bonnaire est bouleversante de vérité. Elle nous captive et nous émeut par la justesse et la simplicité de son jeu. Une interprétation magnifique, sensible et puissante.

Le médecin, interprété par Frédéric Leidgens, n’est présent qu’à travers son image projetée sur un écran en fond de plateau. Il l’interroge, l’écoute, tente de comprendre ce qu’elle ressent. Le comédien apporte à ces échanges le calme et la retenue nécessaires, en contraste avec le désarroi qui habite la jeune femme. Mais le dialogue reste difficile, comme si les mots ne suffisaient plus à les rapprocher. Elle cherche auprès de lui une écoute, une proximité. Leurs échanges montrent toute la difficulté de dire sa souffrance et de la faire comprendre à l’autre.

Photos : Pierre Grosbois

Jacques Osinski orchestre avec beaucoup de finesse et de sobriété cette plongée dans un esprit tourmenté. Sa mise en scène, précise et épurée, laisse toute sa place aux mots de Sarah Kane et à l’interprétation de Sandrine Bonnaire. Le choix de faire apparaître le médecin sur un écran en fond de plateau éloigne encore davantage les deux personnages. Ils se parlent sans jamais véritablement se rencontrer.

Photos : Pierre Grosbois

La scénographie et la vidéo de Yann Chapotel participent pleinement à cette atmosphère et renforcent le sentiment d’isolement de la jeune femme. Les jeux d’ombre et de lumière de Catherine Verheyde accompagnent parfaitement le texte et en accentuent l’émotion.

Un spectacle saisissant et profondément émouvant, porté par l’écriture de Sarah Kane et l’interprétation de Sandrine Bonnaire, magnifique et bouleversante, qui nous transperce et restera longtemps dans nos mémoires.

Claudine Arrazat  critiquetheatreclau.com    Spectacles Vivants

 

CRÉATION 2026 /Traduction Vanasay Khamphommala L’Arche Éditeur

Photos : Pierre Grosbois

Dramaturgie Marie Potonet  / Administration Adèle Maugendre, L’Aurore Boréale  / Diffusion Evelyne Jacquier, L’Aurore Boréale / Création le 24 septembre 2026 au Théâtre de l’Atelier /

Théâtre de l’Atelier Du 24 septembre au 15 novembre 2026  Du jeudi au samedi à 19h. Dimanche à 15h. 

Reprise en juillet 2027 au Théâtre des Halles Avignon

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