Eloquent. Poétique. Poignant.
Magali Mougel propose un texte à la fois poétique et engagé. Elle donne voix à ceux que l’on n’entend plus, à ces habitants de territoires abandonnés dont l’histoire disparaît sous les coups des pelleteuses et des projets de réhabilitation.
Dans une ancienne cité minière promise à la disparition, une toute jeune fille vit seule avec son père depuis le départ de sa mère. Peu à peu, le quartier se vide. Les maisons sont désertées, les engins de chantier arrivent, et la destruction annoncée semble inévitable. Le père, lui, refuse de partir. Il s’accroche à la maison où il a toujours vécu. À travers le regard de sa fille, c’est la fin d’une famille autant que celle d’un lieu de vie qui se dessine. Derrière cette histoire intime, c’est tout un bassin minier qui disparaît, avec sa mémoire ouvrière et ses habitants sommés de quitter les lieux au nom du progrès.
La pluie, la terre, les oiseaux, les terrils accompagnent cette disparition. Ils deviennent comme les témoins silencieux d’un monde qui s’efface.
La mise en scène de Marien Tillet est orchestrée avec sensibilité et laisse une large place à l’imaginaire. La scénographie et la lumière de Jean-Luc Malavasi créent un univers très contrasté.
Côté jardin, l’espace est habité. Le musicien y apporte une présence vivante et sonore, qui évoque le quotidien et une chaleur encore présente.
Côté cour, le plateau s’ouvre sur un grand vide sombre, à la fois inquiétant et propice à l’imaginaire. C’est de cet espace que surgit la comédienne, comme venue du fond de l’ombre, pour nous conter l’histoire. Ce lieu semble marqué par le temps et l’usure, comme abandonné ; l’humidité, le bois et les murs fatigués affleurent, renforcés par des lumières tamisées.
La création et l’interprétation musicale de Gaël Ascalsonore enveloppe la scène : craquements, pluie, souffles, battements d’ailes. Cela installe une atmosphère à la fois sensible et légèrement inquiétante.
Amélie Armao incarne à elle seule toutes les figures du récit : la jeune fille, le père, la mère et l’institutrice. Elle traverse ces différents personnages au fil du texte, en les faisant exister tour à tour avec justesse.
Au-delà de son récit familial, Lichen interroge avec finesse notre rapport au territoire, à la mémoire et à la transmission. Que reste-t-il lorsque les lieux disparaissent ? Que devient une identité lorsque les repères qui l’ont construite sont détruits ?
Lichen laisse ainsi une impression forte et sensible, celle d’un monde en train de s’effacer. Un texte , qui émeut autant qu’il questionne, et qui donne envie de découvrir sur scène cette histoire intime et universelle.
Claudine Arrazat critiquetheatreclau.com Spectacles Vivants
Direction artistique : Amélie Armao
Costumes : Laure Hieronymus
Production : le Théâtre de l’Imprévu
Vu 10 juin Espace Sorano – Vincennes
Festival Avignon 2026 Artephile du 4 au 25 juillet à 12h20 (relâche les dimanches)
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Lichen - Le Théâtre de l'Imprévu - Teaser 2026
Lichen de Magali Mougel par le Théâtre de l'Imprevu mise en scène Marien Tillet avec Amélie Armao et Gaël Ascal www.letheatredelimprevu.com Le texte a reçu le Grand Prix de Littérature Drama...
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