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Photos : © Christophe Raynaud de Lage

Photos : © Christophe Raynaud de Lage

Foisonnant –Attrayant – Dynamique

Peer Gynt, écrit par Henrik Ibsen en 1866, nous entraîne dans toute une vie, de la jeunesse tumultueuse de son héros jusqu’à son retour au pays, après un long périple à travers le monde.

Matthieu Roy orchestre avec brio cette œuvre, qu’il confie à une nouvelle génération d’artistes, tout juste diplômés de l’École Supérieure d’Art Dramatique de Paris, promotion 2026 : Mathieu Capella, Souad Dantas, Aurélien Gerhards, Mahaut Grasset, Léa Launay, Domitille Leboeuf, Max Lochon-Bertrand, Steven Injiraky, Paul-Arnaud Rivière et Emmanuelle Vintach.

Créé au Festival d’été de la Maison Maria Casarès, le spectacle est aujourd’hui présenté aux Plateaux Sauvages.

Photos : © Christophe Raynaud de Lage

Il choisit de débuter avec Peer au chevet de sa mère mourante, puis fait apparaître le Fondeur de boutons, personnage qui, chez Ibsen, n’intervient que bien plus tard. Celui-ci annonce à Peer qu’il sera refondu car il n’a jamais véritablement été lui-même. Un choix intéressant qui donne d’emblée tout son sens à ce qui va suivre : Peer va devoir parcourir sa vie pour tenter de prouver qu’il a bien été lui-même.

Autre parti pris, Peer Gynt est incarné par plusieurs comédiens, nous permettant de le suivre aux différents âges de sa vie et dans les multiples facettes de sa personnalité.

Nous découvrons ainsi un jeune homme rêveur, hâbleur et insaisissable, qui refuse de choisir sa vie et surtout d’en assumer les conséquences. Il veut tout vivre et connaître toutes les aventures, quitte à fuir ceux qui l’aiment et à se perdre lui-même.

Photos : © Christophe Raynaud de Lage

Au fil de son voyage, il traverse des univers étranges et fantastiques, peuplés de trolls et de créatures surprenantes. Il connaît l’amour, la réussite, l’échec et les désillusions, mais poursuit toujours sa fuite en avant.

Une incroyable épopée où le réel et l’imaginaire s’entremêlent. La boucle se refermera à la fin du spectacle, lorsque nous retrouverons Peer au chevet de sa mère mourante.

La scénographie est dominée par un imposant échafaudage métallique à plusieurs niveaux, véritable terrain de jeu que les comédiens investissent et escaladent. Au sol, un grand rail circulaire accompagne le passage d’une scène et d’une époque à l’autre. À bord d’un petit chariot qui suit ce chemin, les personnages surgissent ou disparaissent, entraînant le récit dans un mouvement continu.

Photos : © Christophe Raynaud de Lage

Les costumes de Charlotte Le Gal et les masques participent pleinement à cet univers fantasque. Silhouettes noires aux coiffes démesurées, masques blancs et couleurs éclatantes accompagnent les nombreuses transformations. Lion et zèbre surgissent également sur le plateau dans des costumes pleins de fantaisie. Tout ce petit monde étrange et coloré donne vie à l’imaginaire de Peer avec beaucoup d’inventivité et d’humour. Les lumières de  Manuel Desfeux accompagnent avec finesse les différents univers traversés par Peer et soulignent les changements d’atmosphère.

Deux très belles interprétations se détachent particulièrement de la distribution.

Åse, la mère de Peer, est remarquable. Aimante malgré les mensonges et les extravagances de son fils, elle est interprétée avec beaucoup de naturel, de tendresse et de sensibilité.

Solveig nous séduit tout autant. Fidèle à Peer malgré ses absences et ses abandons, elle impose avec douceur et simplicité un personnage profondément touchant. Sa très belle voix, lors des passages chantés, ajoute encore à l’émotion qu’elle dégage.

Photos : © Christophe Raynaud de Lage

Les différents interprètes de Peer traduisent avec beaucoup d’énergie ses métamorphoses successives. Ces mêmes comédiens et comédiennes endossent avec aisance toute la galerie de personnages qui jalonnent son voyage, passant d’un rôle, d’un registre et d’une silhouette à l’autre. Une jeune troupe dynamique et généreuse.

Seul le Peer vieillissant, interprété par une comédienne, déçoit. Dès son apparition au début du spectacle, son jeu inquiète : voix trop forte, mains dans les poches, peu de nuances. Nous le retrouvons à la fin avec les mêmes réserves. Quel dommage !

Une proposition généreuse et inventive, portée par une jeune troupe prometteuse.

Claudine Arrazat critiquetheatreclau.com Spectacles Vivants

Photos : © Christophe Raynaud de Lage

 

Traduction : François Regnault / Costumes : Charlotte Le Gal / Création lumière : Manuel Desfeux / 

Les Plateaux Sauvages   5, rue des Plâtrières  75020 Paris   Du 15 au 26 septembre 2026  du lundi au samedi à 19h30

Tag(s) : #C.Arrazat, #Critiques
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