Troublant, Intéressant, Captivant.
L’originalité de cette adaptation de L’Autre nom vient du choix des interprètes : des comédiens aux parcours différents, tous issus du monde du handicap. Et ce choix n’a rien d’artificiel. Il apporte au spectacle une belle humanité, une fragilité et une sincérité très touchantes.
Le texte de Jon Fosse, prix Nobel de littérature, accompagne parfaitement cette démarche. L’Autre nom raconte l’histoire d’Asle, un peintre veuf vivant isolé sur la côte sud-ouest de la Norvège. Il partage son existence entre son voisin pêcheur et son galeriste, jusqu’au jour où il se confronte à un autre homme qui porte aussi le nom d’Asle : un peintre solitaire et alcoolique, reflet possible de ce qu’il aurait pu devenir.
À travers cette histoire, le texte parle du deuil, de la foi, de la peur de sombrer et du besoin de trouver un peu de lumière dans l’existence. L’écriture de Fosse est lente, répétitive, presque musicale. Plus qu’un récit, elle ressemble à une méditation.
La mise en scène de Virginie Marouzé est d’une remarquable précision. Ici, tout passe par les corps, les déplacements, les regards et les silences. Une main qui tremble, un corps qui se replie, un regard qui fuit suffisent à exprimer la solitude ou la tendresse.
Le texte est lu en arrière scène, comme une voix intérieure qui accompagne les personnages et traverse leurs pensées. Ce décalage entre les voix et les corps crée une atmosphère à la fois troublante et captivante.
La scénographie sobre et épurée — quelques sacs en toile de jute épars — compose un paysage brut et laisse libre cours à notre imagination. Ce décor minimaliste devient peu à peu le reflet du monde intérieur d’Asle, un espace fragile où la vie, la mort, le deuil et la solitude se confrontent.
Les comédiens — Ole Bramstedt, Patricia Cala, Sophie Dereu, Amélie Gerdes, Éric Masson, Antoine Roubinet, Alexandra Siebert et Robin Weingertner — portent le spectacle avec une intensité et une présence remarquables. Tous évoluent sur scène avec une attention constante, une écoute sensible des autres et un engagement profondément sincère, qui donnent à chaque geste et à chaque silence une véritable force émotionnelle.
Une expérience scénique profondément sensible ontinue de résonner après la représentation.
Claudine Arrazat critiquetheatreclau.com Spectacles Vivants
Chorographie : Günther Grollitsch, Marion Amschwand / Scénographie : Guillaume de Baudreuil / Créatrice sonore : Mika Baudoux / Lectrices : Annika Freier, Virginie Marouzé / Accompagnés par Régis Bourguignon, Christophe Lux, Victoria Lucas, Antonio Papazis / Costumes : Prune Lardé / Administratrice : de production Hélène Lantz
Vu le Sam 16 mai — 17h au Passages Transfestival à Metz
La Mue du Lotus » est une troupe professionnelle de douze interprètes en situation de handicap psychique, organisée sous la forme d’un ESAT. Ce projet est né d’une collaboration entre la compagnie Compagnie Tout va bien, le Carrefour d’Accompagnement Public et Social (CAPS) et Espoir 54.
Tournée : 22 & 23 mai 2026 Festival Perspectives à Sarrebrück (DE) / 18 & 19 septembre 2026 Théâtre d'Esch(LU) / 24 & 25 avril 2027 Théâtre National Wallonie Bruxelles (BE) / 13 & 14 MAI 2027 ACB - scène nationale BAR LE DUC
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