Réjouissant. Drolatique. Éloquent.
LM Formentin imagine une comédie originale, drolatique et pleine de malice. Tout commence autour d'un verre de Suze. Les apôtres, une bande de compagnons aussi attachants que maladroits, sont découragés par trente années de prédication restées sans effet et cherchent une solution pour redonner un nouvel élan à leur mission. Jésus, plus idéaliste, demeure fidèle à ses convictions et refuse de renoncer à son message.
Mais l'arrivée d'un Jésus plus jeune, plus séduisant et déjà capable de rassembler les foules vient bouleverser tous leurs projets. Les anciens disciples refusent de céder leur place et rivalisent d'imagination pour défendre leur camp. Cette satire jubilatoire donne lieu à une succession de situations aussi cocasses qu'irrésistibles. Et si Judas avait, lui aussi, plus d'un tour dans son sac... ?
La mise en scène de Jacques Connort, orchestrée avec beaucoup de finesse, joue sur le décalage entre l'époque biblique et notre monde contemporain.
La scénographie repose sur un savoureux mélange des époques. Tapis orientaux, table basse, poteries et paniers évoquent la Judée antique, tandis qu'un paperboard, des chaises en Formica ou quelques accessoires contemporains viennent brouiller les repères.
Au début, les disciples portent des vêtements très contemporains — veste, pantalon, polo coloré, marinière — qui renforcent leur côté de « bande de copains » un peu désœuvrés. Puis, après leur rencontre avec le « nouveau Jésus », ils reviennent enveloppés de grands châles de prière, comme s'ils cherchaient soudain à retrouver une respectabilité ou une forme de spiritualité. Ce simple changement de costume devient un ressort comique, leur transformation étant plus apparente que profonde.
Jean-Paul Farré, Philippe Magnan, Jean-Jacques Moreau et Yvan Varco forment un quatuor remarquable. Chacun compose un personnage à la personnalité bien affirmée et trouve le ton juste entre burlesque et émotion.
Jean-Paul Farré, dans le rôle de Judas, est tout simplement irrésistible. Son visage semble parler avant même les mots. Un regard interloqué, une moue désabusée, un froncement de sourcils ou un simple silence suffisent à provoquer le rire. Ses mimiques, d'une précision remarquable, deviennent un véritable langage et font merveille tout au long du spectacle.
Philippe Magnan, Pierre, compose un personnage d'une fausse gravité particulièrement savoureuse. Son impeccable sens du rythme, la précision de ses gestes et son art du décalage donnent beaucoup de relief aux situations les plus absurdes.
Jean-Jacques Moreau, Matthieu, apporte une présence chaleureuse et une grande spontanéité. Son sourire, son regard malicieux et sa manière de rebondir sur chaque réplique participent pleinement à la dynamique du groupe.
Yvan Varco prête à ce Jésus vieillissant une profonde humanité. Son jeu tout en sobriété, son regard habité et la noblesse de sa présence offrent un contrepoint particulièrement touchant à l'agitation de ses compagnons.
Tous quatre possèdent un sens remarquable de la réplique, du rythme et de la situation comique. Les regards échangés, les silences, les mimiques et les réactions nourrissent un comique de situation particulièrement efficace. Leur complicité est évidente et le plaisir qu'ils prennent à jouer ensemble est immédiatement communicatif. Ils insufflent à cette comédie une énergie et une générosité communicatives.
Jésus et Jésus est une satire jubilatoire, servie par quatre immenses comédiens.
Claudine Arrazat critiquetheatreclau.com Spectacles Vivants
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Festival Avignon 2026 Le CHIEN QUI FUME (THÉÂTRE DU) 75 Rue des Teinturiers,Avignon Billetterie Téléphonique : 0484510748 du 4 au 25 juillet relâche les 8, 15, 22 juillet 22h00 1h15
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