Délicat. Romantique. Emouvant.
Emmanuel Besnault adapte et interprète avec finesse cette histoire d’amitié et d’amour, traversée par les bouleversements, les souffrances et les élans de l’adolescence vers l’âge adulte. Publié en 1913, Le Grand Meaulnes est l’unique roman achevé d’Alain-Fournier, disparu au combat en 1914, à seulement 27 ans.
L’arrivée d’Augustin Meaulnes à l’école de Sainte-Agathe vient bousculer le quotidien de François Seurel. Une amitié forte naît entre eux, avec le goût de l’aventure. Un jour, Meaulnes disparaît dans la campagne et découvre un domaine hors du temps, où se déroule une fête étrange et envoûtante. Il y rencontre Yvonne de Galais et en tombe aussitôt amoureux. Dès lors, une seule idée l’habite : la retrouver.
Seul en scène, Emmanuel Besnault installe une atmosphère douce, presque suspendue. Il raconte, il joue, il traverse les souvenirs avec une grande délicatesse. Quelques objets suffisent à tout faire surgir : une marionnette, une robe de soirée, un cheval de bois, un bougeoir, un miroir. Tout devient signe, souvenir, ouverture vers l’imaginaire.
La mise en scène est très maîtrisée. Elle fait surgir la mémoire comme un rêve éveillé. De grands panneaux rouges structurent l’espace sans jamais le fermer, comme des coulisses ouvertes. La lumière circule, les ombres s’installent, et les jeux de clair-obscur dessinent les scènes, renforçant la dimension poétique et romantique du récit. La création sonore accompagne l’ensemble avec justesse. Les échos de Debussy, Ravel et Messiaen enveloppent le spectacle comme un souffle, et en accentuent la tension intérieure.
Le comédien, Emmanuel Besnault, est d’abord François Seurel, regard tendre posé sur Meaulnes, témoin fidèle de cette quête. Mais il fait aussi vivre les autres personnages par touches discrètes : un geste, une voix, une posture. Tout reste fluide, et laisse au spectateur une vraie liberté d’imaginer.
Meaulnes apparaît comme une figure portée par le rêve, toujours en mouvement, guidé par la promesse d’un bonheur seulement entrevu. François, lui, en assure la mémoire avec une grande sobriété.
Un moment suspendu, doux et profondément romanesque.
Claudine Arrazat critiquetheatreclau.com Spectacles Vivants
Avec les voix de Pierre Aussedat, Emmanuel Barrouyer, Michaël Cohen, Claude Drap, Julien Frison, Valentin Fruitier, Mélanie Le Duc, Marion Préité
mise en scène, scénographie, lumières, création sonore et interprétation : Emmanuel Besnault
Direction d’acteur : Cyril Manetta / Dramaturgie : Florian Chaillot / Costumes : Angèle Gaspar / Régie : Clément Lefèvre / Production : Compagnie Éternel Été / Diffusion : Alexandra Gontard - Derviche / Attaché de presse : Jean-Philippe Rigaud / Photos : Cédric Vasnier
PARIS - Théâtre du Lucernaire Du 1er avril au 14 juin
2026 AVIGNON - Théâtre de l’Ancien Carmel Du 4 juillet au 26 juillet 2026
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