@Mo-Amphour

@Mo-Amphour

Drôle, Croustillant, Réjouissant.

Rémi De Vos nous offre, avec Jusqu’à ce que la mort nous sépare, une comédie où la mort, loin d’imposer le silence, déclenche des joutes verbales où inventions, mensonges et imaginations se mêlent pour créer des situations cocasses. Un spectacle à la fois drôle, touchant et profondément humain, où chaque réplique fait mouche.

Simon revient chez sa mère après des années d’absence, l’urne contenant les cendres encore tièdes de sa grand-mère sous le bras. La mort est bousculée dès les premières répliques, avec cette allusion à une musique d’enterrement salsa brésilienne, musique préférée de la grand-mère.

@Mo-Amphour

Un incident imprévu va transformer ses retrouvailles, qui tournent vite au vaudeville rocambolesque. Simon, pris entre une mère envahissante et l’amour platonique de sa jeunesse, invente des histoires pour échapper à la réalité. C 'est vivant, dynamique et plein de surprises. Finalement, il construit l’histoire qu’il avait toujours esquivée. À travers ses appels à ses collègues pour se rassurer et les retournements de situations, le spectacle souligne l’emprise féminine  avec humour.

La mise en scène de Nikson Pitaqaj est orchestrée avec dynamisme : les scénettes s’enchaînent avec vitalité, chaque maladresse entraînant la suivante et donnant naissance à un vaudeville moderne, loufoque, rocambolesque et délicieusement croustillant.

La scénographie, épurée, laisse toute la place aux textes et aux comédiens, tandis que les éclairages et la musique intensifient les émotions.

@Mo-Amphour

Les comédiens nous séduisent et nous ravissent. Leur complicité est évidente : les répliques fusent, se croisent et se répondent avec une belle énergie collective.

Simon, interprété par Christopher Mampouya, est incarné avec une nervosité communicative : gestes précipités, souffle court, téléphone utilisé comme une bouée de sauvetage. On rit de ses inventions, mais on perçoit sa détresse.

La mère, Mirjana Kapor, impose une présence écrasante, oscillant avec finesse entre tendresse et domination.

Anne, Naïma Ghéribi, quant à elle, glisse subtilement de la complice à la dominatrice. Sous une douceur apparente se dessine une emprise progressive, miroir troublant de celle de la mère.

@Mo-Amphour

L’une des premières pièces de Rémi De Vos nous réjouit. Sous l’humour omniprésent — drôle, amusant, loufoque, croustillant — se dessine une satire mordante de la famille. Nous sortons avec le sentiment délicieux d’avoir assisté à une  soirée théâtrale aussi intelligente que savoureuse.

N’hésitez pas, vous passerez une excellente soirée.

Claudine Arrazat critiquetheatreclau.com

Théâtre de L’ E ssaïon

6, rue Pierre-au-Lard (à l’angle du 24, rue du Renard) 75004 Paris

Représentations lundi à 19h00   jusqu’ au 30 mars 2025

Tag(s) : #Th de l'Essaion, #Critiques, #C.Arrazat
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :