© Fabio Bussola

© Fabio Bussola

Jubilatoire, Espiègle, Bouillonnant.
Le Triomphe d’Arlequin, mis en scène par le maestro de la Commedia dell’Arte de Carlo Boso, est un feu d’artifice théâtral qui explose joyeusement dans une Venise imaginaire, délirante et pleine de rebondissements.

À Venise, Pantalone rêve de s’enrichir en mariant sa fille Fiordalise. Mais entre les désirs de la jeune fille, les manigances d’un capitaine vaniteux et les interventions d’Arlequin, rien ne se passe comme prévu. Sous le masque d’Arlequin se cache Gelsomina, une jeune femme travestie par amour. De son côté, la courtisane Isabella tombe sous le charme du Capitaine Rodomonte.

Qui va l’emporter, le pouvoir de l’amour ou l’amour du pouvoir ?

© Fabio Bussola

Dès les premières minutes, la salle est happée par l’énergie espiègle de la troupe. Le jeu des comédiens est d’une virtuosité réjouissante : ils virevoltent d’un rôle à l’autre, glissant sous les masques et dans les costumes avec une aisance confondante, et instaurent un rapport direct, complice et terriblement vivant avec le public. On rit, on s’étonne, on applaudit. Les quiproquos, les travestissements, les combats, les chants et les danses : rien ne manque à l’appel, pas même les coups de bâton.

La mise en scène est pleine de générosité et magnifiquement orchestrée, et c’est un vrai régal pour les yeux : des masques pleins d’expressions, des costumes colorés, des accessoires malins… tout est là pour amuser et surprendre du début à la fin. Carlo Boso s’amuse avec les codes de la Commedia dell’Arte et réussit à rendre cette Venise imaginaire drôle, vivante et très actuelle.

© Fabio Bussola

Une belle interprétation qui nous réjouit : Arnaud Biron, Tibor Bricalli, Annamaria Ceccarelli, Athéna Hobeika et Marie Hurault jouent avec grande justesse et glissent d’un rôle à l’autre avec aisance et talent.

L’Arlequin / Gelsomina, touchant et malicieux, incarne à lui seul la poésie profonde du masque, qui cache pour mieux révéler. La jeune Fiordalise, naïve et vive, le père Pantalone, grotesque et pitoyable, le Capitaine Rodomonte, plus bravache que véritablement redoutable… tous ces personnages forment une galerie haute en couleurs où chacun trouve sa place.

© Fabio Bussola

On ressort de cette fête joyeuse le cœur léger, conscient d’avoir assisté à un moment précieux où le rire devient un langage universel. En ces temps où l’on se demande souvent à quoi sert la culture, cette pièce rappelle avec énergie qu’elle est d’abord un art du partage, du rire et de la liberté.

Claudine Arrazat.

Photos prises au festival de Venise.

Karine Gonzalez – Chorégraphie / Ophélie Charpentier - Collaboration artistique / Romane Dupont – Costumes / Sinda Elatri – Chant / Stefano Perrocco di Meduna - Collaboration artistique / Elena Serra – Performance / Matthieu Vignier - Performance

 

Festival Avignon 2025 du 11 au 26 juillet  relâche les 15, 22 juillet à  10h00  D :1h10 à La Factory  - 5-Collège Vernet//clown.e.s & Espaces Publics

 

Tag(s) : #Avignon 2025, #Critiques
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :