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Intimiste, Éloquent, Troublant.
Vienne en 1986, un jeune pianiste américain en crise, Stephen Hoffman, vient étudier le chant auprès d’un professeur viennois vieillissant, Josef Mashkan. Peu à peu, une relation complexe se tisse entre eux, faite de tensions, de blessures enfouies et de musique. Derrière cette rencontre, c’est le poids de l’Histoire, des traumatismes et de la mémoire qui se rejoue.

Nous sommes dans le bureau de Josef Mashkan : côté cour, un piano à queue solennel, côté jardin, un vieux divan et quelques meubles d’un autre temps. On est à Vienne, en 1986, l’ambiance est douce, les lumières sont chaudes mais discrètes, presque comme si elles voulaient adoucir la douleur qui flotte dans l’air.

Thomas Joussier nous offre une adaptation et une mise en scène toute en délicatesse, efficace et émouvante d’Old Wicked Songs de Jon Marans. Un texte touchant qui parle de choses universelles : le poids du passé, des blessures qui ne guérissent pas, du racisme ordinaire. À travers la musique et l’écoute, deux êtres cherchent à se reconstruire.

© DR

Sur scène, Tom Novembre campe à merveille Josef Mashkan, professeur bourru, un peu cassant, parfois provocateur, mais surtout un homme profondément marqué par la vie. Derrière ses remarques acerbes, on devine un cœur brisé. Face à lui, Nicolas Verdier incarne avec beaucoup de justesse Stephen Hoffman, jeune pianiste tendu, à fleur de peau, qui va peu à peu s’ouvrir, se dévoiler, et apprendre à écouter, vraiment.

Le duo fonctionne à merveille : on sent toute la tension, la gêne, les non-dits, mais aussi l’attachement qui se construit petit à petit entre ces deux solitudes. La musique de Schumann traverse la pièce avec beaucoup d’émotion. Derrière chaque note, des blessures, des espoirs.

Vieilles chansons maléfiques parle de transmission, d’héritage, de mémoire, de pardon. Elle nous rappelle que rien n’est ni tout blanc ni tout noir, mais qu’il est toujours possible d’avancer. Un beau moment de théâtre, plein d’humanité.

Claudine Arrazat

Jean-Michel Adam – Scénographie / Jacques Rouveyrollis - Création lumière / Rūta Lenciauskaite - Collaboration artistique / Pascale Gimet – Production

Festival Avignon 2025 du 5 au 26 juillet  relâche les 9, 16, 23 juillet  à 20h15  D :1h35  au  Théâtre du Chien qui Fume

Tag(s) : #Avignon 2025, #Critiques
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