Puissant, Captivant, Perturbant.
Une pièce qui dérange et qui questionne.
« Les Visages de Majola » nous plonge au cœur d’une rencontre à la fois glaçante et fascinante. Nous sommes au début des années 80, dans un palace de Munich. Un journaliste américain, traumatisé par la guerre, et son jeune caméraman d’origine juive, viennent interviewer Irène Kalder, la veuve d’Amon Göth, le terrible commandant du camp de Plaszow, celui qui apparaissait déjà dans « La Liste de Schindler ».
Cette femme a vécu un an avec un monstre. Aujourd’hui, après quarante ans d’oubli, elle livre sa vérité. Mais quelle est cette vérité ? Qui est-elle vraiment ? Victime, complice, menteuse ou simple survivante ?
Le texte pose de vraies questions sans jamais donner de réponses toutes faites. La pièce secoue, interroge notre rapport à l’Histoire, au mensonge, à ce qu’on accepte de voir ou de ne pas voir.
Une mise en scène sobre et réaliste, une scénographie minimaliste, deux fauteuils, une table de mixage, quelques projecteurs, une caméra, donnent au texte toute son ampleur.
Caroline Darnay est absolument remarquable. Elle incarne Irène Kalder avec beaucoup de force. D’une froideur troublante, elle donne vie à ce personnage complexe, qui refuse d’admettre l’horreur. Elle nous captive par la justesse de son jeu. On croit à chaque mot qu’elle dit, même si le doute persiste tout de même.
À ses côtés, Marc Duret est touchant en jeune caméraman. Son écoute sincère, son étonnement, il cherche à comprendre, sans juger trop vite.
Duncan Talhouët, le journaliste américain, est un homme brisé par la guerre, incapable d’accepter le déni d’Irène Kalder pour lui, ce n’est qu’une comédienne, une menteuse de plus. Impossible de pardonner à celle qui refuse de nommer l’horreur.
Un texte finement écrit qui soulève des vérités perturbantes, Les nazis ont été des bourreaux, mais la pièce interroge aussi ce qu’il reste en nous de zones grises, de silences , nous ne sommes pas des saints
Majola, est une pièce forte qui ne laisse personne indifférent. À travers des dialogues tendus et des personnages brillamment interprétés, elle nous oblige à réfléchir à la mémoire, à la vérité et aux zones d’ombre de chacun. Un théâtre intelligent, humain et nécessaire.
Claudine Arrazat
Interprétation : Caroline Darnay / Marc Duret / Duncan Talhouët
Pierre Audiger - Musique
Anne Gayan - Création lumière
Stéphanie Gesnel - Diffusion
Festival Avignon 2025 du 5 au 26 juillet relâche les 8, 15, 22 juillet à 15h20 d :1h15 au Théâtre des Corps Saints
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