Sur scène, peu d’artifices — et c’est tant mieux. Perrin s’appuie sur une écriture précise, presque chirurgicale, pour disséquer avec humour et lucidité les récits que l’on se raconte autour du désir féminin. Entre aveu et mise à distance, elle installe un trouble fertile, où le rire affleure souvent là où on ne l’attend pas.
Sans jamais céder à la facilité du manifeste, le spectacle avance à pas feutrés vers une forme de vérité, fragile et pourtant tenace. Il y est question de corps, bien sûr, mais surtout de regard — celui que l’on porte sur soi, et celui que l’on accepte, ou non, de laisser aux autres.
La comédienne captive par une présence sans effet, attentive aux silences autant qu’aux mots. Elle fait de cet espace dépouillé un terrain de jeu sensible, où chaque inflexion compte.
« Je ne simule plus » n’assène rien : il suggère, déplace, ouvre. Et c’est précisément dans cet écart, entre pudeur et franchise, que le spectacle trouve sa justesse.
Un seul-en-scène discret mais habité, qui laisse une empreinte durable — comme une conversation que l’on poursuivrait, en sortant, avec soi-même.
Sophie Berger
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