SEULS MES CHEVEUX SONT GRIS au théâtre libre

 

Inspirée du Barbier de Séville, la comédie imaginée par Wendy Beckett et adaptée par Stéphane Laporte transpose l’intrigue amoureuse dans un décor contemporain où rivalités sentimentales et ambitions sociales s’entrecroisent. Un comte romantique poursuit Deborah, fleuriste au charme fantasque, sous l’œil calculateur d’un homme d’affaires déterminé. Autour d’eux gravitent un Figaro nostalgique, une jeune femme lucide et une silhouette philosophique surgie de la rue aux allures de « folle de Chaillot ». Sur le papier, la promesse d’une satire vive et baroque attise la curiosité.

La narration déroule ses péripéties avec application. Les quiproquos s’installent, les retournements arrivent à l’heure prévue. L’ensemble avance avec un sérieux qui freine légèrement la fantaisie annoncée. Les dialogues multiplient les traits d’esprit. L’humour affleure puis se dilue.

La mise en scène de Wendy Beckett privilégie la lisibilité. Les entrées et sorties s’enchaînent avec clarté, les situations se posent sans ambiguïté. Une volonté d’ordonner le chaos qui laisse peu de place au vertige. Le spectacle conserve une tenue élégante, presque sage, sans ce grain de folie ou cette audace qui viendraient troubler le confort du récit.

L’interprétation maintient l’attention. Thibault de Montalembert compose un Georges à la fois sûr de lui et légèrement dépassé par ses élans. Sa présence installe une autorité tranquille que fissurent de fines touches d’autodérision. Face à lui, Hélène Babu prête à Deborah une énergie vive et une musicalité appréciable.

Olivier Claverie donne à Bartolini une précision mordante. Guilaine Londez, en Mavis, insuffle une poésie discrète, un humour feutré et piquant qui colorent ses interventions. Eva Loriquet incarne Suzanne avec fraîcheur et netteté. Gilles Vajou campe un Figaro attachant, sentimental et manipulateur. Pierre Buf complète l’ensemble avec une présence espiègle et attentive. Tous s’écoutent, se répondent et forment un ensemble cohérent et engagé.

Le décor signé Halcyon Pratt séduit par sa joliesse stylisée. Les costumes de Sylvie Skinazi accompagnent avec goût cette variation contemporaine. L’écrin flatte l’œil avec constance.

La vitalité de la troupe et la qualité de l’interprétation méritent d’être saluées. Le spectacle possède des atouts visibles, sans cette pointe d’imprévu qui transforme une comédie aimable en véritable fête. Les cheveux grisonnent avec élégance.

 Spectacle du 12 février 2026

Frédéric Perez, spectatif.com

 

De Wendy Beckett adaptation française de Stéphane Laporte. Mise en scène Wendy Beckett. Scénographie Halcyon Pratt. Costumes Sylvie Skinazi. Lumières François Leneveu. Musique originale Mehdi Bourayou et Maxime Richelme. Assistante mise en scène Lina Lamara.

Avec Thibault de Montalembert, Hélène Babu, Olivier Claverie, Guilaine Londez, Eva Loriquet, Gilles Vajou, Pierre Buf.

 

Photos © Inanis
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Photos © Inanis
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