Le roi de meurt d’Eugène Ionesco mise en scène Christophe Lidon

Déroutant, Poétique, Emouvant.
Ionesco, maître du théâtre de l’absurde, a su mêler le tragique et le comique pour parler de l’angoisse humaine face au temps, à la mort, au néant. Cette œuvre, devenue un classique, exprime avec humour et ironie une angoisse profonde liée à la condition humaine : la fin d’un monde, la fin de la vie.

Dans Le Roi se meurt d’Eugène Ionesco, le roi Bérenger Ier refuse d’accepter sa mort imminente. Il s’accroche à son pouvoir, à ses illusions et aux encouragements de la reine Marie. Mais la reine Marguerite, plus lucide, le pousse à affronter la réalité. Autour de lui, tout s’effondre : le royaume disparaît, le temps s’accélère, son corps décline.
Comprendra-t-il qu’il ne peut échapper à l’inévitable ?

La mise en scène de Christophe Lidon, malicieusement orchestrée, souligne avec délicatesse l’humour noir et l’ironie qui traversent le texte. L’absurde de la situation nous amuse, mais nous sommes aussi émus par la fragilité de ce roi qui nous ressemble tant.
La scénographie nous plonge dès les premiers instants dans un univers en perdition : une salle du trône en ruine, des fissures aux murs, un roi en pyjama, décoiffé, qui n’a plus grand-chose d’un monarque, juste un homme perdu face à l’inévitable. Le trône devient peu à peu un lit d’agonie, et c’est tout un monde qui s’éteint doucement. Les costumes magnifiques aux soieries scintillantes, le bruitage de  et les jeux de lumière
amplifient les émotions.

Le roi Bérenger, incarné par Vincent Lorimy, est bouleversant. Il passe de la révolte à la peur, du déni à l’acceptation avec une justesse rare. Il est d’abord ridicule, capricieux, puis peu à peu profondément humain.
 

Les deux reines sont merveilleusement incarnées : la reine Marguerite, jouée par Valérie Alane, majestueuse et élégante dans sa robe rouge carmin, arbore une beauté froide, accentuée par sa magnifique chevelure noire, impose la vérité avec une autorité implacable.
La reine Marie, incarnée par Chloé Berthier, douce et amoureuse, cherche encore à repousser l’échéance. Elle papillonne et tourbillonne autour de ce roi tant aimé.
Le médecin astrologue, interprété par Thomas Cousseau, impitoyable, nous fait frémir. La servante, Nathalie Lucas, et le garde, Armand Eloi, apportent un peu de respiration à l’ensemble, entre absurdité et tendresse. Tous, magnifiques comédiens,
 nous captivent et nous émeuvent par leur talent et a justesse de leur jeu. 

Le Roi se meurt est une pièce à la fois drôle, touchante et profondément humaine.

Claudine Arrazat

 

 

Mia Koumpan - Collaboration artistique /lumières Cyril Manetta  /Cyril Giroux – Musique / Léonard – Vidéo

Festival Avignon 2025 du 5 au 26 juillet  relâche les 9, 16, 23 juillet à  18h10  d :1h25 au Théâtre des Gémeaux.

Tag(s) : #Avignon 2025, #Critiques
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