Troublant, Captivant, Crépusculaire.
Oscar Wilde (1854-1900) est un écrivain et dramaturge irlandais célèbre pour son esprit brillant, son style flamboyant et ses œuvres mêlant satire sociale, philosophie et esthétisme. Le Portrait de Dorian Gray, son seul roman, explore les thèmes de la beauté, de la jeunesse éternelle et de la décadence morale.
Dorian Gray, jeune homme d’une beauté et d’une innocence remarquables, fait peindre son portrait par son ami Basil Hallward. Lorsqu’il entend Lord Henry plaisanter que le portrait vieillira à sa place, il fait le vœu que ce soit vrai, comme s’il échangeait son âme. Cette malédiction le plonge dans une descente tragique où, tandis que son apparence reste éternellement jeune, son portrait reflète la dégradation de son âme, corrompue par la quête de plaisirs et d’expériences.
Dès les premiers instants, nous sommes plongés dans l’intimité de l’atelier de Basil Hallward. Côté jardin, un grand chevalet supporte la toile, pivot central du drame à venir. Côté cour, un piano, discret mais présent, figure la tentation des plaisirs artistiques, des soirées mondaines. C’est dans cet atelier que se croisent pour la première fois l’art (Basil), l’innocence (Dorian) et le cynisme (Lord Henry). Ce triangle dramatique se met en place sous nos yeux.
La mise en scène de Thomas Le Douarec met en lumière avec justesse la puissance dramatique et symbolique du roman. Il explore avec subtilité la décadence progressive de Dorian, partagé entre l’admiration de lui-même et la peur de ce qu’il devient. Les scènes se succèdent avec fluidité, portées par un rythme soigneusement orchestré.
Les comédiens nous transportent dans cette tragédie avec grand talent. Caroline Devismes incarne Sibyl Vane, Sally et la Duchesse avec aisance, sincérité et naturel ; elle glisse de la candeur à la désillusion, puis à la sensualité. Thomas Le Douarec joue un Lord Henry brillant et piquant, avec un flegme élégant. Bruno Paviot, en James Vane, frère vengeur de Sibyl, plein de colère et de tristesse, redonne à l’histoire une part d’humanité. Fabrice Scott, dans le rôle de Basil Hallward, est d’une justesse bouleversante, aveuglé par l’amour de la beauté. Michaël Winum incarne un Dorian Gray à la fois séduisant et inquiétant, qui nous fascine. Bravo à tous.
La pièce fait revivre avec force le chef-d’œuvre de Wilde. Portée par une troupe convaincante, elle nous plonge dans un univers à la fois fascinant et troublant.
Claudine arrazat
Stéphane Balny - Création lumière / Mehdi Bourayou - Musique / Pierre Cordier - Presse / José Gomez - Costumes / Claire Jacquin - Diffusion / Arlette Million – Production
Festival Avignon 2025 du 5 au 26 juillet relâche les 9, 16, 23 juillet à 16h10 D :1h40 Théâtre des Lucioles
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