En_attendant_Godot © Pierre_Grosbois

En_attendant_Godot © Pierre_Grosbois

Poétique, Emouvant, Intemporel.

Pour clore son cycle consacré à Beckett, Jacques Osinski choisit enfin de s’attaquer à En attendant Godot, pièce emblématique du théâtre de l’absurde. Fidèle à l’esprit de Beckett, il signe une mise en scène sobre et en révèle la force et la beauté de ce texte en s’associant au duo Denis Lavant - Jacques Bonnaffé, fabuleux comédiens.

Un arbre squelettique sans feuilles, un rocher perdu sur une route de campagne. Estragon, interprété par Denis Lavant, tente d’enlever sa chaussure dès son arrivée. Vladimir, incarné par Jacques Bonnaffé, entre en scène. Ils échangent et tuent le temps par quelques paroles décousues. Ils sont bouleversants de simplicité, de générosité et d’humanité. Un duo étonnant de complicité qui nous enchante, nous ravit, et dont on se souviendra longtemps.

© Pierre_Grosbois

Didi et Gogo discutent de tout et de rien, d’eux, du monde, de la vie ; ils attendent patiemment Godot.

Denis Lavant, lunaire, enfantin, fragile, donne à Estragon une innocence touchante. Jacques Bonnaffé, plus solide, plus terrien, est un Vladimir protecteur, presque paternel.

Mais cette douce attente, pleine d’humanité, est perturbée par l’arrivée d’un être tyrannique et dominateur : Pozzo. Il traîne derrière lui, attaché par une corde, son esclave Lucky. Apparaît avec eux cet absurde besoin d’autorité et de pouvoir qui domine le monde.

 

 

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Jean-François Lapalus incarne un Pozzo à la fois tyrannique et grotesque, apportant brutalité et folie, ce qui contraste fortement avec la douceur d’Estragon et de Vladimir. Aurélien Recoing est saisissant en Lucky, surtout dans sa longue tirade qui déborde d’énergie et d’intensité, un vrai tour de force où il déploie sa puissance et sa fragilité à la fois.

La mise en scène de Jacques Osinski, magnifiquement orchestrée, est sobre, rythmée par des silences et des gestes suspendus. Le temps s’étire et l’humour surgit de ces situations sans issue.

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Un Godot à la fois vivant, drôle et profondément humain, porté par des acteurs de grand talent. Une belle soirée de théâtre qui restera longtemps en tête.

Claudine Arrazat

Yann Chapotel – Scénographie / Sylvette Dequest – Costumes / Evelyne Jacquier – Diffusion / Adèle Maugendre – Administration / Catherine Verheyde - Création lumière

Festival Avignon 2025  du 5 au 26 juillet  relâche les 9, 16, 23 juillet  à   21h00 D :  2h15  Théâtre des Halles.

Tag(s) : #Avignon 2025, #Critiques
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