Trois peuples, trois révoltes, trois continents. France | Algérie | Nouvelle-Calédonie.
Puissant, Percutant, Riche, Magnifique.
Kaldûn : nom donné à la Nouvelle-Calédonie par les Algériens déportés sur cette île lointaine en 1871.
Abdelwahed Sefsaf, comédien, chanteur et metteur en scène, actuellement directeur du CDN de Sartrouville, entouré de 8 comédiens et du Canticum Novum, nous conte avec éloquence, fougue et puissance le croisement de trois histoires de luttes et de combats pour la dignité humaine
Un brin d'histoire.
En France, en 1871, les Communards, ayant à leur tête Louise Michel, combattent lors du siège de Paris contre les Allemands et refusent la capitulation. Ils souhaitent construire une société fondée sur l’égalité et la liberté. En mai, après des journées sanglantes, les Communards sont battus par les troupes du gouvernement. Le 22 mars 1872, 3 800 Communards sont déportés en Nouvelle-Calédonie, ce fut le cas pour Louise Michel.
En Algérie, en 1871, la révolte de Mokrani est la plus importante insurrection contre les forces coloniales. Elle est menée par le cheikh El Mokrani et son frère. Aziz, jeune Algérien de 27 ans, s’engage à leurs côtés. Par décision du pouvoir colonial français, il sera déporté, comme bon nombre d’insurgés, en Nouvelle-Calédonie.
Aziz dut rester en exil toute son existence. À 55 ans, il fonde une famille avec une jeune Bretonne exilée pour mauvaise conduite. À 65 ans, il quitte clandestinement la Nouvelle-Calédonie pour rejoindre Alger, mais il décède en chemin. Le gouverneur d’Alger, de peur qu’il ne soit célébré comme un martyr et craignant une émeute, refuse le rapatriement de son cercueil.
L’exil : Les Communards et les Maghrébins fraternisent lors de leur déportation vers l’exil sur l’Iphigénie, navire où les conditions de vie étaient lamentables. Une traversée de 31 000 kilomètres, ayant duré 150 jours, où les exilés sont enfermés dans des cages communes d’un mètre cinquante.
En 1878, en Nouvelle-Calédonie, a lieu le soulèvement des Kanaks mené par le chef Ataï contre les autorités coloniales françaises, qui s’étaient réservées les mines, les cours d’eau ainsi que le littoral, zone de pêche de la population mélanésienne.
Abdelwaheb Sefsaf nous offre une mise en scène orchestrée avec minutie et grand talent. Il joue le rôle du narrateur et nous conduit auprès de ces personnages célèbres luttant pour la liberté. Un texte puissant, riche, percutant, éloquent, rempli de vérités.
« Dans Kaldûn, nous glisserons d’un continent à l’autre et nous en parlerons les langues pour mieux comprendre celle de la révolte. Depuis la Commune de Paris, en passant par Béjaïa et la révolte des Mokrani, jusqu’à l’insurrection kanak de 1878... Autour du récit d’Aziz se construit la chronologie de notre histoire. » — A.S.
Le théâtre, la danse, la musique et les chants se mêlent pour notre plus grand plaisir.
La scénographie de Souad Sefsaf est magnifique, monumentale, saisissante, réaliste et évocatrice. Nous partons à la rencontre de personnages tous plus engagés les uns que les autres, à travers la France, l’Algérie et la Nouvelle-Calédonie.
Des décors mobiles impressionnants, d’une très belle esthétique, nous mènent : en 1889 à l’Exposition universelle de Paris, en 1871 à Paris au cœur de la révolte des communards, en 1873 à Alger aux portes de la Casbah, au bagne de Brest, sur l’Iphigénie en partance pour l’exil, et en 1878 à La Foa, où eut lieu la révolte des Kanaks…
Les chants, en arabe ou en français, accompagnés en live par de talentueux musiciens, résonnent et nous transpercent le cœur. C’est émouvant, fougueux et bouillonnant.
Le danseur et slameur kanak Simanë Wenethem interprète avec brio Ataï : il ne cesse de nous réjouir et de nous surprendre. Une véritable prouesse autour du geste et du slam.
Abdelwaheb Sefsaf, en narrateur, nous guide et convoque la salle à participer avec force et vitalité.
Foudil Assoul, Laurent Guitton, Lauryne Lopes de Pina, Jean-Baptiste Morrone, Natalie Royer et Malik Richeux nous transportent avec brio, dynamisme et puissance dans cette lutte pour la liberté.
Le Canticum Novum et ses merveilleux et talentueux musiciens-chanteurs — Emmanuel Bardon, Henri-Charles Caget, Spyridon Halaris, Léa Maquart, Artyom Minasyan, Aliocha Regnard et Gülay Hacer Toruk — nous enchantent et nous réjouissent.
Un fabuleux spectacle à ne pas manquer.
Claudine Arrazat
Foudil Assoul : Aziz ben Cheikh El Haddad / Laurent Guitton : tuba / Lauryne Lopes de Pina : Amaïs, Mina, Salah, Nathalie / Jean-Baptiste Morrone : Eugène Mourot, le Prêtre, un gardien / Natalie Royer : Louise Michel, Oum Aziz, l’officier d’état civil / Malik Richeux : Mokhtar, violon / Abdelwaheb Sefsaf : Docteur Jacobus X, narrateur / Simanë Wenethem : Ataï, Tahitoa.
et les musiciens de Canticum Novum : Emmanuel Bardon Hippolyte : chant / Henri-Charles Caget : percussions / Spyridon Halaris : kanoun / Léa Maquart :flûte, caval, neï / Artyom Minasyan :duduk / Aliocha Regnard :nickelharpa / Gülay Hacer Toruk Zakia : chant
Assistanat à la mise en scène : Jeanne Béziers / Dramaturgie : Marion Guerrero / Musique : Aligator – Georges Baux, Abdelwaheb Sefsaf / Direction musicale : Georges Baux / Arrangements et adaptation musicale : Henri-Charles Caget / Scénographie : Souad Sefsaf / Lumières : Alexandre Juzdzewski / Vidéo : Raphaëlle Bruyas / Son : Jérôme Rio / Régie générale : Arnaud Perrat / Régie vidéo : Nino Valette, Antonin Koffi / Régie plateau : Laurent Miché / Construction décor : Les Ateliers d’Ulysse / Régie générale : Arnaud Perrat .
Une production Théâtre de Sartrouville et des Yvelines – CDN
Vu au Théâtre de la Tempête. Cartoucherie – Route du Champ-de-Manœuvre 75012 Paris. Janvier 2025
En tournée : Théâtre de Sartrouville et des Yvelines-CDN (78), les 30 et 31 janvier 2025, • jeudi 30 janvier à 19h30, • vendredi 31 janvier à 20h30 / Théâtre du Nord – CDN, Lille (59), du 5 au 7 mars 2025, • mercredi 5 mars 20h, • jeudi 6 mars 20h, • vendredi 7 mars 20h / Scène nationale de Bourg-en-Bresse (01), les 5 et 6 février 2025, • mercredi 5 février à 19h, • jeudi 6 février à 20h
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