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Ecole_des_femmes © Geoffrey Posada Serguier

Ecole_des_femmes © Geoffrey Posada Serguier

Réjouissant. Savoureux. Éloquent.

Ecrite en 1662, L'École des femmes est l'un des plus grands succès de Molière. Créée au théâtre du Palais-Royal, elle connut un triomphe dès sa première représentation.

Installé face à la magnifique façade du château de Grignan, le plateau offre un écrin exceptionnel à la mise en scène de Robin Renucci. Vivante et pleine d'énergie, elle restitue toute la modernité de Molière. Les alexandrins y prennent toute leur ampleur et résonnent avec une force singulière. Le rire est omniprésent, mais derrière la comédie se dessine une réflexion toujours actuelle sur la domination masculine, la liberté des femmes et le droit de choisir sa propre vie.

© Geoffrey Posada Serguier

Arnolphe est persuadé d'avoir trouvé la solution idéale pour ne jamais être trompé. Depuis l'enfance, il élève Agnès dans l'ignorance, loin du monde et des hommes, convaincu qu'une épouse docile ne peut que lui rester fidèle. Mais l'arrivée du jeune Horace va bouleverser tous ses projets. Peu à peu, Agnès découvre l'amour, apprend à penser par elle-même et échappe à celui qui croyait pouvoir décider de son destin.

La scénographie de Lisa Navarro participe pleinement au récit. Cette étrange maison de bois, construite comme une cabane isolée du monde, devient la prison d'Agnès. Au fil du spectacle, elle s'effondre peu à peu, entraînant avec elle les certitudes d'Arnolphe et l'illusion du pouvoir qu'il croyait exercer sur la jeune femme.

Les lumières de Sarah Marcotte mettent en valeur aussi bien le plateau que la magnifique façade du château de Grignan.

Les costumes de Benjamin Moreau,  élégants et soignés, contribuent à inscrire cette mise en scène dans un univers à la fois classique et résolument moderne.

François Morel est un Arnolphe aussi drôle qu'autoritaire. Tour à tour sûr de lui, inquiet, ridicule puis complètement dépassé par les événements, il compose un personnage profondément humain. Il s'empare des alexandrins avec une telle aisance qu'ils semblent devenir un langage de tous les jours, rendant le texte de Molière d'une étonnante modernité.

© Geoffrey Posada Serguier

Dès son entrée, Juliette Cahon séduit par sa fraîcheur, son naturel et sa sincérité. Elle illumine la scène par une présence évidente et compose une Agnès sensible, spontanée et étonnamment contemporaine. Son regard, ses silences et la finesse de son jeu rendent son personnage profondément attachant. Au fil du spectacle, son interprétation accompagne avec beaucoup de justesse l'éveil d'une jeune femme qui prend progressivement confiance en elle et affirme sa personnalité. Une évolution subtile et profondément émouvante, portée avec une remarquable délicatesse.

François Deblock apporte beaucoup de charme et de légèreté à Horace. Plein d'enthousiasme et de spontanéité, il compose un jeune homme sincèrement épris d'Agnès. Son énergie communicative et son naturel donnent beaucoup de fraîcheur à leur histoire d'amour.

© Geoffrey Posada Serguier

Igor Skreblin et Chani Sabaty, dans les rôles d'Alain et de Georgette, nous amusent par leurs maladresses. Luc-Antoine Diquéro et Sven Narbonne complètent avec naturel cette distribution.

Dans l'écrin exceptionnel du château de Grignan, Robin Renucci fait entendre toute la modernité de Molière. Sans jamais trahir l'esprit de la pièce, il en propose une lecture qui saura surprendre le public et éclaire d'un regard nouveau le parcours d'Agnès. Portée par une troupe talentueuse, cette mise en scène renouvelle subtilement notre regard sur l'œuvre et rappelle combien les questions d'émancipation, de liberté et du droit de choisir sa vie résonnent avec force aujourd'hui.

Claudine Arrazat critiquetheatreclau.com

 

Fêtes nocturnes de Grignan  au Château de Grignan Dates : du 24 juin au 22 août 2026

 © Geoffrey Posada Serguier

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Tag(s) : #Critiques, #C.Arrazat
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