Burlesque. Poétique. Réjouissant.
La compagnie Faulty Wire nous offre un spectacle à la croisée du mime, de la danse et du théâtre d’objet : une création plurielle, étonnante et résolument originale, portée par une énergie intense et un véritable talent.
Dès les premiers instants, nous entrons dans un bureau où Kévin, assistant juridique, s’affaire à classer des dossiers dans une suite de gestes mécaniques et répétitifs, presque pantomimiques. Rigoureux, il mène une vie parfaitement réglée jusqu’à l’arrivée d’un dossier de divorce particulièrement chaotique. Peu à peu, cette affaire perturbe son organisation intérieure et l’absorbe totalement.
Le couple formé par Caroline et Bruno envahit alors son bureau autant que son esprit. Leur histoire déborde du cadre du dossier et semble se rejouer sous ses yeux, dans l’espace même du travail. Les papiers s’accumulent, les boîtes s’empilent, et Kevin perd peu à peu ses repères dans une spirale où le réel se dérègle, entre obsession, débordement et dérive à la fois absurde, drôle et profondément humaine.
La mise en scène, orchestrée avec minutie, laisse se déployer un chaos à la fois limpide et burlesque, porté par une gestuelle époustouflante, où chaque mouvement est habité. Un travail corporel d’une grande précision et d’une forte intensité.
En filigrane se dessine l’histoire de ce couple en plein divorce, des désaccords entre les avocats et du désarroi de Kevin. Les tensions s’accumulent, sans issue possible. Chaque étape devient un face-à-face tendu, presque inévitable. Le conflit nourrit le spectacle : il circule dans l’espace et traverse les corps.
La scénographie accompagne avec intelligence cette dérive. Le bureau, d’abord structuré, devient un espace envahi par le désordre : les papiers s’accumulent, les cartons se multiplient, jusqu’à former un décor qui prolonge le désordre intérieur.
Sarah Azerof, dans le rôle de l’épouse, déploie une riche palette corporelle, nourrie par sa formation chorégraphique. Elle fait naître de multiples émotions — désir, rejet, colère, fatigue — qu’elle traverse avec fluidité et maîtrise.
Face à elle, Yu-Hung Hou séduit par la finesse de son jeu physique. Il compose un Kevin qui glisse, avec maîtrise, de la rigueur mécanique à la perte de contrôle. Cette évolution subtile donne toute sa force au spectacle.
Autour d’eux, Jérôme Léger, Julie Jane Nissen et Carlos Martin Figueroa déploient une gestuelle vive et précise, qui contribue à la dynamique de l’ensemble.
La création musicale en live, composée et interprétée par Alp Citlak, accompagne avec finesse les tensions et les émotions du spectacle.
Attention ne pas plier nous conte une histoire profondément humaine, portée par une gestuelle d’une rare intensité. Faulty Wire livre ici une œuvre physique, poétique et intensément vivante.
Claudine Arrazat critiquetheatreclau.com Spectacles Vivants
Ecriture: Sarah AZEROF, Alp CITLAK, Carlos Martin FIGUEROA, Yu-hung HOU, Jérôme LÉGER, Julie Jane NISSEN
Chorégraphie: Sarah AZEROF
Création lumière & régie générale: Hugo FOX
Attachée de presse & chargée de diffusion : Elodie KUGELMANN
• Théâtre Clavel - Paris VU LE 30 Avril 2026
• Festival Avignon Off - Théâtre du Rempart (juillet 2026)
• Tournée au Danemark - Odin Teatret, Teater Katapult (mai 2027
/image%2F2626846%2F20250429%2Fob_799377_image-2626846-20180613-ob-d1045b-th13.jpg)
/image%2F2626846%2F20260503%2Fob_c04753_faultywire.jpeg)