Emouvant. Réjouissant. Vibrant.
Les Plateaux Sauvages et le Théâtre de Suresnes Jean Vilar présentent la 7e édition de L’Équipé·e, autour du thème du « désir ». Deux générations de chorégraphes, Sarah Adjou et Abou Lagraa, unissent leurs univers pour créer une performance inédite, accompagnées au piano par Grégoire Letouvet, et guidées dans la dramaturgie par Zelda Bourquin et Sarah Mouline.
À la direction artistique, Laëtitia Guédon directrice des Plateaux Sauvages et Carolyn Occelli directrice du Théâtre de Suresnes Jean Vilar, nous offrent un moment précieux où la danse, la musique et l’écriture se rencontrent, apportant chacune leur singularité, leurs forces et leur sensibilité pour explorer la thématique du désir. Une expérience où la création au féminin et l’exigence artistique se conjuguent dans un moment unique et vibrant.
Côté jardin, dans son univers musical, Grégoire Letouvet pianiste et compositeur, rend chaque instant du spectacle à la fois intime et intense. Sa composition musicale nourrit, cisèle, amplifie la danse. Sous ses doigts, le piano se métamorphose en un univers à part entière : chaque note, chaque résonance devient un souffle, une respiration qui fait vibrer l’espace. Le compositeur ne se contente pas d’accompagner : il dialogue, provoque et s’invite dans la danse.
Le solo de Sarah Adjou explore l’improvisation, passant de couleurs intimes à des enchaînements de thèmes musicaux variés, tandis que le solo d’Abou Lagraa réinvente La Jeune Fille et la Mort de Schubert, transformant la mélodie romantique.
Grégoire Letouvet accompagnera tour à tour Sarah Adjou, Sarah Mouline et Abou Lagraa.
Le spectacle s’ouvre sur une image forte : un corps encapuchonné, comme lové dans un cocon. Déjà, quelque chose se retient, se prépare. Puis la matière cède. Le cocon se déchire, laissant apparaître une figure féminine qui se dévoile progressivement, glissant vers une intimité de plus en plus exposé.
Sarah Adjou nous offre une chorégraphie exigeante et dense, où le corps pleinement engagé et traversé par le désir est mis à l’épreuve de ce qui le construit, le transforme et parfois l’épuise. Sa danse, à la fois brute et maîtrisée, joue sur la tension entre abandon et contrôle, mêlant intensité physique et virtuosité.
À travers la danse, Sarah Adjou fait apparaître des images du corps féminin : désirable, offert, regardé, façonné. Elle les absorbe, les rejoue, les met en tension, entre séduction et contrainte, maîtrise et débordement. Au fil de la pièce, le corps devient un espace de lutte et de transformation qui s’affirme, vacille, nous interpelle et nous fait vibrer.
Chorégraphe et interprète, Sarah Adjou s’inspire librement de toutes les esthétiques rencontrées dans son parcours, de la danse contemporaine au cabaret, pour créer une danse incarnée, intense et profondément vivante.
Alors que la danse de Sarah Adjou laisse derrière elle un souffle de désir et de vie, une autre présence avance sur le devant de scène. Sarah Mouline, autrice et metteuse en scène, à la sensibilité aiguë, transforme le théâtre en un lieu de vérité et de liberté. Elle convoque le désir comme une flamme, l’écrit comme un feu, et crée un espace où chaque mot respire.
Dans ce conte, Sarah Mouline, raconte l’histoire d’une petite graine née d’une fleur, qui grandit, explore les émotions de la vie, découvre le monde, son corps, l’amour et la perte de sa gestatrice. Ici, récit et corps se répondent : le désir de s’épanouir, de se confronter aux élans et aux peines de l’existence devient palpable, presque tangible. La métaphore de la graine qui devient fleur adulte est simple mais universelle : elle parle de croissance, de transformation et de cette force intime qui nous pousse à exister pleinement, à embrasser toutes les dimensions de la vie.
*Sarah Mouline dirige la compagnie Beïna.
Dans l’ombre diffuse, Sarah Mouline disparaît, nous laissant envahis d’émotion. Lentement, une autre silhouette émerge : Abou Lagraa, enfoui sous son capuchon noir, replié sur lui-même, comme pour se protéger ou chercher quelque chose d’invisible. Il tourbillonne, explore l’espace, tissant un chemin de l’ombre à la lumière.
L’homme enfoui sous son capuchon noir se métamorphose peu à peu : le corps se libère, s’anime, s’élance et devient cet homme à la veste dorée et scintillante, porté par l’énergie du mouvement et de la danse.
Chaque mouvement, chaque respiration, chaque pulsation témoigne d’une force intérieure et d’un désir de danser , un appel à l’élan vital qui traverse le temps et l’espace.
Dans ce solo, le désir est tangible, incarné dans chaque mouvement. Abou Lagraa redonne à la danse sa vérité première : danser pour exister, danser pour sentir, danser pour toucher. Un moment de pure intensité. Magnifique.
Abou Lagraa, chorégraphe et co-directeur de la compagnie La Baraka, a construit en près de trente ans un répertoire internationalement reconnu, mêlant puissance, sensualité et inventivité.
Dans cette édition de L’Équipé·e, la danse de Sarah Adjou et d’Abou Lagraa, la musique de Grégoire Letouvet et le conte de Sarah Mouline se rencontrent et se fusionnent pour offrir un moment d’une intensité rare. La rencontre de ces univers – gestuel, musical et narratif – crée un espace où le désir se vit, se ressent et se partage et nous émeut profondément.
Claudine Arrazat critiquetheatreclau Spectacles Vivants
Direction artistique de la 7e édition Laëtitia Guédon, directrice des Plateaux Sauvages et Carolyn Occelli, directrice du Théâtre de Suresnes Jean Vilar Par et avec Sarah Adjou et Abou Lagraa Composition musicale Grégoire Letouvet Dramaturgie Zelda Bourquin et Sarah Mouline Production Les Plateaux Sauvages et le Théâtre de Suresnes Jean Vilar
Aux Plateaux sauvages 5 Rue des Plâtrières – 20e Paris mercredi 08 avril à 20h30 jeudi 09 avril à 20h30
Théâtre de Suresnes Jean Vilar samedi 30 mai dans le cadre de la Journée Surprise 2026
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