Émouvant, Poétique, Intimiste.
Jacques Weber nous conte sa rencontre avec un rôle qui ne l’a jamais vraiment quitté et qui l’a accompagné toute une vie : Cyrano de Bergerac. À travers ce personnage mythique, il revient aussi sur son propre parcours d’acteur. Entre souvenirs personnels et mémoire du théâtre, Jacques Weber partage ce qui le relie encore aujourd’hui à ce héros d’Edmond Rostand.
Plus de quarante ans après avoir incarné Cyrano au Théâtre Mogador, Jacques Weber revient vers ce héros flamboyant créé par Edmond Rostand. Accompagné de José-Antonio Pereira, complice et partenaire de jeu, Jacques Weber revisite les grandes étapes de Cyrano en une heure vingt, dans une forme simple et épurée, tout en évoquant son propre parcours et le métier de comédien.
À travers un dialogue intime et amical, les scènes surgissent doucement : une tirade célèbre, un échange, un souvenir de répétition… Tout se mêle avec naturel, entre théâtre et mémoire de l’acteur.
La mise en scène délicate, accompagne avec douceur les souvenirs intimes de Jacques Weber, tout en laissant les vers de Rostand résonner. Le spectacle se déploie avec fluidité, créant un espace poétique et intimiste.
Un moment de théâtre d’une grande finesse, porté par la présence et la maîtrise de Jacques Weber. Son amour pour Cyrano de Bergerac transparaît à chaque instant, et les alexandrins des morceaux choisis, portés par sa voix, retrouvent toute leur musicalité et leur puissance.
Un point est cependant un peu déroutant : dans la scène chez le boulanger et celle du couvent, lorsque Jacques Weber interprète à la fois Cyrano et Roxane, le dialogue devient parfois difficile à suivre. Pour un spectateur qui ne connaît pas intimement la pièce, la frontière entre les deux voix peut parfois se brouiller. Cette légère confusion peut atténuer la profondeur de ces scènes magnifiques.
La scénographie est simple et efficace. Un banc, un réverbère, suffisent à installer le décor. Cette sobriété laisse particulièrement toute la place au texte et au jeu des comédiens. En fond de plateau, des projections vidéo de ciels mouvants accompagnent le récit avec beaucoup de délicatesse. Ces images créent un espace de rêverie et de poésie.
La lumière, entre chaleur enveloppante et éclats plus contrastés, ainsi que la palette musicale, mêlant jazz et atmosphères plus intimistes, intensifient les émotions.
Jacques Weber impressionne par sa présence et sa sincérité. Il aborde Cyrano avec une forme de simplicité presque désarmante. Sa voix, ses silences et ses regards suffisent à faire surgir l’émotion.
José-Antonio Pereira, complice attentif, accompagne le récit avec justesse et crée cette atmosphère de confidence qui traverse tout le spectacle.
Cette adaptation intimiste de Cyrano est avant tout une déclaration d’amour au théâtre. Grâce à une mise en scène sensible, une scénographie poétique enrichie de belles projections vidéo et à la présence profondément habitée de Jacques Weber, le spectacle touche par sa sincérité.
Claudine Arrazat critiquetheatreclau.com
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Adaptation de Cyrano De Bergerac D’edmond Rostand : Christine Weber
Costumes : Michel Dussarat
Lumière : Thibault Vincent
Décor : Emmanuelle Favre
Vidéaste : Nathalie Cabrol
Son: Bernard VALLERY
Scénographie : Emmanuelle Favre assistée de Pauline Stern.
Une Coproduction Théâtre la Pépinière, Acme et Le Théâtre du Train Bleu
Théâtre de la Pépinière à partir du 29 janvier 2026 du mercredi au samedi à 19h et le dimanche en matinée à 15h
Vu le 4 mars 2026
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