Émouvant, Tendre, Lumineux.
Juliette, Victor Hugo mon fol amour, la douceur d’un regard porté sur une passion hors norme.
Dans la chambre modeste d’un petit hôtel bruxellois, Juliette Drouet apparaît, à soixante-sept ans, seule avec ses souvenirs, ses lettres et cette présence invisible qui ne l’a jamais quittée : Victor Hugo.
Le texte de Patrick Tudoret redonne à Juliette Drouet la place qu’elle mérite : celle d’une femme longtemps restée dans l’ombre, compagne fidèle et sensible, dont les nombreuses correspondances passionnées avec ce grand homme révèlent les secrets de leur amour et de leur complicité. Juliette fut le témoin privilégié d’une vie partagée, de bonheurs et d’instants légers qui amusent, révélant un Victor Hugo plus intime, sensible et vivant, mais aussi traversé par des épreuves douloureuses — la mort de Léopoldine et celle de Claire, la fille de Juliette — qu’ils affrontent, soutenus par leur amour discret et fidèle.
La mise en scène de Marie Lussignol et Patrick Tudoret est minutieusement orchestrée. La scénographie est simple et suffisante : une table, une chaise, un lit, quelques objets familiers. C’est un lieu de mémoire, un refuge intime qui donne toute sa place aux confidences de Juliette.
La création des lumières d’Idalio Guerreiro accompagne avec délicatesse les différentes étapes du récit. Elle enveloppe Juliette, souligne ses silences et isole certains instants, entre autres la lecture ou l’écriture des lettres, lien éternel avec Victor Hugo.
La création des costumes de Claire Jacob est soignée et raffinée. La bande sonore, composée d’extraits de Schumann, Schubert, Chopin ou Pergolèse, accompagne le récit et intensifie l’émotion.
Marie Lussignol incarne Juliette avec justesse et sensibilité. Elle traverse les âges de la vie, les joies, les déceptions, les deuils. Par une gestuelle élégante et fine, elle donne corps à une femme libre, passionnée, parfois blessée mais toujours bien vivante et profondément amoureuse. Sa voix de mezzo-soprano se fait entendre par petites touches, belles et émouvantes, et nous ravit. Nous sourions à ses malices, nous ressentons ses colères retenues et nous sommes émus.
Un spectacle intime et émouvant, porté par une interprétation sincère et un texte délicatement ciselé, qui rend hommage à une passion exceptionnelle et à une femme hors du commun.
Claudine Arrazat critiquetheatreclau.com
Avec en alternance Marie Lussignol ou Marguerite Klœckner
Studio des Mathurins (36, rue des Mathurins, 75008 Paris)
Du lundi 19 janvier au lundi 30 mars 2026 Chaque lundi à 19h
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