-©-C.-Raynaud-de-Lage

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Émouvant, Poétique, Lumineux, Réjouissant.

Un récit-concert terriblement humain.

Abdelwaheb Sefsaf, comédien, auteur, metteur en scène et musicien, fonde la compagnie Nomade In France et crée un théâtre musical poétique et engagé autour de la mémoire, de l’exil et de l’identité. Depuis 2023, il dirige le Théâtre de Sartrouville et des Yvelines – CDN. Ses dernières créations, Kaldûn (2021), Malik le Magnifik (2022) et Alif (2024), mêlent histoire, enfance et quête de sens.

Avec Si loin, si proche, Abdelwaheb Sefsaf nous offre un récit-concert magnifique qui, sous des airs de chronique familiale, devient une fresque tendre et vibrante sur la mémoire, l’exil et la transmission.

La scénographie, d’une grande beauté visuelle, impose dès les premières minutes son univers symbolique. En fond de scène, une grande structure métallique ajourée de motifs calligraphiques arabes se dresse comme une paroi de mémoire, traversée de lumière. Les reflets d’ambre et de cuivre sculptent le métal, caressent les visages et font du plateau un espace vibrant où tout respire ensemble : la voix, la musique et l’émotion

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Côté cour, Malik Richeux au violon ; côté jardin, Quentin Allemand aux percussions et au clavier. Entre eux, Abdelwaheb Sefsaf laisse résonner sa voix grave et profonde, et le récit commence, porté par le son et la lumière.

Les voix du passé se font entendre, la musique s’installe, les souvenirs affluent. Sous les gestes du narrateur, les petites structures de métal deviennent des chaises colorées,  symbole d’un espace de parole, de mémoire et de partage qui s’invente sous nos yeux.

Avec une grâce rare, Abdelwaheb Sefsaf transforme la mort en mémoire, la douleur en fête, la nostalgie en lumière.

Abdelwaheb Sefsaf nous entraîne avec humour et tendresse dans les souvenirs de son enfance, celle d’un petit garçon né en France dans une famille d’immigrés algériens. Entre la radio du Caire et les débats télévisés de Michel Polac, entre Oum Kalthoum et la variété française, il grandit au croisement de deux mondes.

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Il évoque avec une infinie tendresse son père Arezki, vendeur de fruits et légumes infatigable, passionné de politique et de liberté, et sa mère Lamia, douce, pudique, mélomane. Entre eux, un monde de différences, mais aussi une même ferveur, un même amour d’une terre qu’ils n’ont jamais vraiment quittée — ni tout à fait retrouvée.

Les scènes du quotidien reviennent, pleines de vie et d’humour : le fameux martinet maternel, plus symbole d’autorité que menace réelle ; les grands préparatifs du départ au pays, joyeux et un peu chaotiques ; puis le voyage rocambolesque pour le mariage du frère, véritable épopée familiale ponctuée de rires, de surprises et d’émotion.

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Tout respire la tendresse et la vérité des émotions. Le texte, plein d’humour, de pudeur et de mélancolie, célèbre la famille, la transmission et la mémoire avec une humanité rare.

La mise en scène, orchestrée avec brio, alterne subtilement chants et récit. On se laisse tour à tour surprendre, émouvoir ou amuser par les péripéties, emporté par la force du jeu et la musicalité des chansons. Porté par un rythme à la fois doux et vibrant, le public se retrouve captivé, touché, et profondément enchanté par ce récit plein de vie.

Sefsaf fait du théâtre un lieu de rencontre et d’apaisement, où se rejoignent les rives, les langues et les générations. On y entend battre le cœur d’une génération qui a su, avec courage et sensibilité, transformer la douleur en joie, l’exil en richesse et la mémoire en chanson.

 

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Malik Richeux et Quentin Allemand, Abdelwaheb Sefsaf, nous offrent un voyage musical d’une rare humanité. Si loin, si proche est bien plus qu’un spectacle : c’est une traversée intime et universelle, un voyage où la musique et la parole se répondent pour célébrer la mémoire, la filiation et la joie d’exister.

Un voyage sensible et lumineux, qui touche le cœur et réveille la mémoire à découvrir absolument.

Claudine Arrazat. critiquetheatreclau.com

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Musique Aligator (G. Baux / A. Sefsaf) et Nestor Kéa

Théâtre de Sartrouville et des Yvelines – Centre dramatique national place Jacques-Brel  78500 Sartrouville   Les    Mercredi 5 novembre à 20h30 / Jeudi 6 novembre à 14h15 et 19h30/Vendredi 7 novembre à 20h30 / Mercredi 12 novembre à 14h15  / Jeudi 13 novembre à 14h15 et 19h30 / Vendredi 14 novembre à 20h30

Tournée : Théâtre de Nîmes (30) : 18 décembre 2025 / Scène Nationale de Bourg-en-Bresse (01) : 11 & 12 mars 2026 / Théâtre des collines, Annecy (74) : 17 & 18 mars 2026

Tag(s) : #CDN Sartrouville, #Critiques, #C.Arrazat
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