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Tendre, Touchant, Poétique.
Le Petit Prince des Bleuets, adapté du roman de Yaël Hassan et mis en scène par Gabriel Laborde, appartient à ces petites pépites qui touchent droit au cœur. On en ressort ému, le sourire mêlé aux larmes, tant la tendresse, la délicatesse et l’émotion irradient ce récit.

L’histoire est celle de Momo, un jeune garçon de la cité des Bleuets, qui voit l’été s’étirer sans promesse. Un jour, sa mère lui annonce qu’il va recevoir une bourse pour poursuivre ses études. Il n’en revient pas, ses yeux brillent de fierté et d’émotion. Mais, en contrepartie, Madame la Directrice lui a remis une liste de livres à lire pendant l’été. Sa mère lui offre le premier ouvrage de la liste, Le Petit Prince, à son grand bonheur. C’est ainsi que Momo découvre peu à peu l’univers des livres, puis la bibliothèque où il va emprunter : Vendredi ou la vie sauvage,  Mon ami Frédéric

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Il s’évade au jardin public où il s’installe sur un banc, au calme, pour lire. C’est là qu’il fait la rencontre qui va changer le cours de son été : Monsieur Edouard, un vieil instituteur à la retraite, extravagant, érudit, tendre, qui l’observe, l’interroge et finit par le sacrer affectueusement « Petit Prince des Bleuets ». De leurs échanges autour des livres va naître une amitié sincère et lumineuse.

Mais Momo découvre bientôt que ce vieil homme est atteint de la maladie d’Alzheimer. Momo l’accompagne jusqu’au bout, grandit, s’ouvre au monde, et se fait une promesse : un jour, il deviendra écrivain français.

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Adam Abdo est très touchant dans le rôle de Momo. Avec pudeur et sensibilité, il incarne ce jeune garçon émerveillé par la découverte des livres et du nouveau monde qui s’ouvre à lui. Ses yeux brillent à chaque lecture, à chaque rencontre. Mais derrière cet émerveillement, on sent aussi la révolte face à la perte d’un ami et la douleur de la séparation. Sur son visage passent toutes ses émotions : la joie, l’amitié, et la tristesse du temps qui emporte ceux qu’on aime.

Gabriel Laborde, dans le rôle de Monsieur Edouard, émeut profondément. Il donne corps et cœur à ce vieil homme abîmé par la maladie, mais illuminé par la rencontre avec Momo. Leur duo est d’une justesse rare, sans effet superflu, d’une vérité qui serre la gorge.

Mégane Chalard glisse avec naturel d’un personnage à l’autre : la mère de Momo, fière et aimante, espérant que son fils devienne un jour écrivain français, et surtout qu’il ne change jamais de nom, à l’inverse de Romain Gary ; la bibliothécaire, attentive et protectrice, qui voit en ce jeune garçon un lecteur en devenir.

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La scénographie, sobre et discrète, s’enrichit de vidéoprojections qui permettent de passer d’un décor à l’autre : la salle de classe, le banc du parc, le domicile de Momo, la maison de retraite. Ces images apportent une respiration poétique, sans jamais voler la vedette aux comédiens.

On sort de ce spectacle profondément ému, bouleversé et touché par la tendresse qui émane de ces personnages, par la force des livres, par cette amitié qui traverse les générations. Un très beau moment de théâtre, sincère, sensible, interprété avec justesse et retenue.

Claudine Arrazat

 

Festival Avignon  2025  du 5 au 26 juillet  relâche les 8, 15, 22 juillet
 16h30  1h10   AU BRUNES (THÉÂTRE DES)

 

 
Tag(s) : #Critiques, #Avignon 2025
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