Éblouissant, Vertigineux, Bouleversant.
Dès le tout début, le ton est donné : les comédiens viennent à nous dans les gradins, ils nous parlent, ils nous remercient d’être là. Cette adresse simple, directe, presque tendre, casse d’emblée toute barrière entre eux et nous. Et dès lors, c’est ensemble que nous allons traverser ces heures, dans cette magnifique Cour d’honneur.
Le pari était grand, huit heures sans ennui, huit heures d’émerveillement, où l’on rit, où l’on retient son souffle, où l’on est saisi par l’émotion.
Les comédiens surgissent au milieu du public, le théâtre se déploie dans les gradins, le spectateur est pris emportés avec ravissement. À six heures du matin, au lever du soleil, c’est une ovation qui éclate, joyeuse, reconnaissante. Le public est enchanté, ému d’avoir partagé ce moment rare.
La scénographie est d’une beauté sidérante dans sa simplicité. À la Cour d’honneur, le ciel est le plus beau décor, et Éric Ruf le sait. Pas d’artifices inutiles, tout respire l’épure, la justesse, le respect du lieu. Les costumes de Christian Lacroix deviennent presque des décors à eux seuls : somptueux, soyeux, chatoyants, ils racontent l’Histoire et les histoires, le voyage, l’exil, le désir.Les lumières, magistrales, transforment l’espace, sculptent la nuit, accompagnent le jour qui se lève comme un personnage à part entière. Les bruitages sont d’une précision diabolique, capables de nous faire sursauter ou de nous plonger dans l’illusion d’une tempête en haute mer.
Mais rien de tout cela ne serait possible sans le talent, le cœur, l’intelligence de cette troupe. Ils sont tous magnifiques, engagés, vibrants. Ils jouent avec leur chair, avec leur souffle, avec leur âme. Ils nous bouleversent par la justesse de leur jeu, ils nous émeuvent, nous font rire, nous serrent la gorge, nous éblouissent. Cette langue de Claudel, si souvent redoutée, devient vivante, charnelle ; elle nous parle d’amour, de désir, de foi, de renoncement, d’échec et d’espérance.Ce Soulier de satin n’est pas qu’une pièce, c’est une traversée, un voyage, une expérience. Le temps n’a plus la même mesure, il s’étire, il se suspend, il file. Heureux d’avoir vécu cela. Merci à Éric Ruf, à la Comédie-Française, à tous ces comédiens qui ont fait vibrer cette nuit la Cour d’honneur.
Claudine Arrazat
Avec la troupe de la Comédie-Française
Alain Lenglet, Florence Viala, Coraly Zahonero, Laurent Stocker, Christian Gonon, Serge Bagdassarian, Suliane Brahim, Didier Sandre, Christophe Montenez, Marina Hands, Danièle Lebrun, Birane Ba, Sefa Yeboah, Baptiste Chabauty, Edith Proust et Fanny Barthod, Rachel Collignon, Gabriel Draper* et Vincent Leterme, Aurélia Bonaque Ferrat*, Ingrid Schoenlaub, Anna Woloszyn
Costumes Christian Lacroix / Lumière Bertrand Couderc / Direction musicale Vincent Leterme / Son Samuel Robineau* / Travail chorégraphique Glysleïn Lefever / Collaboration artistique Léonidas Strapatsakis / Assistanat à la mise en scène Alison Hornus, Ruth Orthmann, Aristeo Tordesillas* / Assistanat aux costumes Jean-Philippe Pons, Jennifer Morangier, Aurélia Bonaque Ferrat* / Assistanat à la scénographie Anaïs Levieil*
* de l’académie de la Comédie-Française
Production Comédie-Française
Spectacle créé le 21 décembre 2024 à la Comédie-Française, salle Richelieu
Les costumes ont été réalisés dans les ateliers de la Comédie-Française
Avec le généreux soutien d’Aline Foriel-Destezet, grande ambassadrice de la création artistique
Festival Avignon2025 Cour D’Honneur du 19 au 25 JUILLET à 22H D : 8h Cour d’honneur.
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