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Troublant, Onirique, Déroutant.

Avec Requiem Room, la jeune compagnie, Blue Rose, présente une proposition rare, originale  et intéressante. Il imagine  mêler l’onirisme et l’atmosphère oppressante de Lynch à l’angoisse existentielle d’Andreïev.  Requiem Room est  composé d' un triptyque qui explore trois formes théâtrales autour des rêves et des cauchemars. 

Le spectacle s’ouvre sur un cercle de parole : chacun confie ses rêves cauchemardesques. Les voix se répondent, une douce angoisse s’installe, tout vacille, nos repères glissent, nous sommes troublés et remués.

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La transition vers le salon bourgeois rétro, seconde étape du triptyque, est un moment de théâtre jubilatoire. Tout semble léger, clownesque, jusqu’au moment où tout bascule lorsqu’un invité surgit, et aussitôt le cauchemar s’enclenche. À cela succède un discours sur la violence de notre temps avec le texte fort et puissant d’Antonin Artaud, La préparation de la guerre aux USA, extrait de Pour en finir avec le jugement de Dieu.

Dans la dernière partie, nous sommes dans un théâtre vide et poussiéreux, dans une ambiance entre rêve et cauchemar. Des personnages curieux et angoissants, au visage maquillé de blanc, presque cadavérique, attendent désespérément qu’un spectacle commence…

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Dans ce triptyque, les personnages restent seuls, enfermés, prisonniers de leurs peurs. Comme chez Beckett, ils attendent qu’une présence ou un événement les en libère. L’ambiance, évoquant l’univers de Lynch, est traversée d’une angoisse sourde, proche de celle qui imprègne Requiem d’Andreïev, pièce fantomatique qui nous conduit aux frontières de l’absurde.

La scénographie de Maud Chanel, faite de tentures et de rideaux rouges s’étalant sur les canapés, enferme les personnages dans un espace clos et oppressant et nous plonge dans un univers inquiétant.

Le travail lumière de Thomas Fustec est un fil conducteur traversant trois mondes, passant de la lumière rassurante des salons bourgeois au clair-obscur inquiet de Requiem. Sa mise en scène est dynamique et magnifiquement orchestrée.

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Le travail du masque de Julien Donnot nous entraîne dans un rêve étrange, entre doute et stupeur.

La création sonore  de Robin Paule nous immerge dans des univers à la fois étranges et inquiétants.

Les costumes d’Ameline Fauvy sont évocateurs, ils explorent différents registres: contemporains pour les rêveurs, bourgeois des années 1950, puis un peu poussiéreux et inspirés de l’époque élisabéthaine.

 

Les comédiens: Neveen Ahmed, Celeste Carbou, Arthur Rémi-Tekoutcheff et Nathan de Teyssière, naviguent avec talent entre burlesque, clownesque, codes du boulevard et registres dramatiques, mêlant humour, grotesque et tension pour investir pleinement l’univers du spectacle.

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Le spectacle nous plonge dans un univers à la fois absurde et onirique, mêlant burlesque, clownesque, codes du boulevard et registres dramatiques. À travers cette exploration des rêves et des cauchemars, il interroge notre rapport à la violence dans un monde de plus en plus dur et radical. Une expérience rare et marquante, qui laisse le spectateur dérouté, hypnotisé et profondément touché.

Claudine Arrazat. critiquetheatreclau.com

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Collaborateur artistique Shems Khettouch

D’après l’œuvre et l’univers de David Lynch, Requiem de Leonid Andreïev dans la traduction d’André Markowicz aux éditions Mesures, Extrait de pour en finir avec le jugement de dieu d’Antonin Artaud.

Vu   au Nouveau théâtre de l’Atalante.  Du 19 au 21 novembre 2025  19h

Théâtre 13 / Bibliothèque 30, rue du Chevaleret, Paris 13e Du mercredi 26 au vendredi 28 novembre 2025 Du mercredi au vendredi de 20 h à 21 h 30

Tag(s) : #Nouveau théâtre de l’Atalante, #Critiques, #C.Arrazat
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