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© Christophe Raynaud de Lage

© Christophe Raynaud de Lage

Violent, Bouleversant, Puissant.

Marie Ndiaye a écrit ce texte pour Nicole Garcia en vue du festival d’Avignon.

Sur scène, un beau décor de Jacques Gabel représentant la coupe de la cage d’escalier d’un immeuble des années 70 aux tapis couleurs orangé , rampe en métal et côté cour les boites lettres en bois verni.

Dans une lumière tamisée de Dominique Bruguière, une femme agitée, à bout de nerfs un cartable à la main fait éruption. Ses mots viennent avec violence nous frapper en plein cœur :

« Oui je sais que vous êtes là avant même de distinguer vos deux silhouettes ramassées dans la pénombre… »

Cette femme, Gabrielle, est professeur de français. Devant sa porte, quelques étages plus haut, elle imagine que les parents de son élève Daniella l’attendent pour comprendre le suicide de leur fille. Daniella s’est jetée du troisième étage du lycée.

© Christophe Raynaud de Lage

Au cours de ce monologue interprété brillamment par Nicole Garcia, cette femme fait une rétrospective intérieure d’elle-même.

Elle nous conte l’histoire de cette jeune fille mais aussi sa propre histoire, ses carences, son impuissance à aimer et à être aimée.

« Je ne suis pas une femme aimée – ou peut- être que si et mes yeux affolés de soleil m'empêchent de voir ? »

Est-elle coupable de n’avoir pas écouter la souffrance de Daniella ? Elle clame son innocence mais ne peut affronter le regard des parents qui l’attendent et n’ose monter chez elle…

Parents qu’elle essaie de culpabiliser

« Qu'avez- vous fait parents pour dompter la tignasse de Daniella
sa crinière vociférant ?

Elle se réfère à sa vie, à son éducation, elle jette au visage des parents de Daniella ce que sa propre mère qu'elle déteste lui disait:

« On ne doit pas gâter les filles mais les armer les tremper les durcir pour la vie "                                                   

C’est un texte déboussolant, violent. Nous découvrons une femme impitoyable qui refuse la culpabilité mais le peut elle vraiment en regardant le miroir de sa vie de prof, de femme, de mère… ?

La mise en scène de Frédéric Bélier-Garcia est épurée et magnifiquement orchestrée.

Nicole Garcia nous subjugue et nous entraine avec brio dans cette fiction dramatique.

Claudine Arrazat

Décor Jacques Gabel // Lumières Dominique Bruguière // Son Sébastien Trouvé // Collaboration Artistique Sandra Choquet, Caroline Gonce // Collaboration Au Jeu Vincent Deslandres // Costumes Camille Janbon // Maquillage Christophe Danchaud // Coiffure Julien Parizet

Tag(s) : #TH de La Ville, #Critiques

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