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Photoa-_Simon_Gosselin_

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Émouvant, Poétique, Touchant.

Dans la pénombre apparait Anne-Marie Mille assise sur son Récamier, ancienne actrice peu connue, s’étant contentée de second rôle à la différence de son amie Giselle Fayolle qui vient de disparaitre.

La mort de Giselle la plonge dans ses souvenirs, « elle pose sa valise »

Photo-_Simon_Gosselin_

Anne-Marie va nous conter son enfance évoquant sa mère disant qu’elle n’avait point le physique pour être comédienne.

Puis son histoire avec le théâtre, ses débuts dans son village à Saint-Sourd dans le Nord de la France avec une troupe dont tous les noms sont restés gravés dans sa mémoire.

Plus tard, son arrivée à Paris dans sa petite chambre prés du cimetière du Père Lachaise. C’est l’époque où qu’elle rencontra son amie Giselle Fayolle au théâtre de Clichy.

Gisèle avait une beauté extérieure, elle était nonchalante, souvent allongée sur son canapé jouant avec sa belle chevelure, tous les hommes lui tournés autour. Gisele a eu son temps de gloire au théâtre et au cinéma.

Gisèle était son amie, sa seule amie. Elle évoque ses souvenirs avec tendresse et nostalgie.

Photo-_Simon_Gosselin_

Anne-Marie Mille évoque sa vie de comédienne, contrairement à son amie Gisèle, Anne Marie n’a jamais eu de premier rôle, elle a joué dans l’ombre mais Anne -Marie a aimé sa vie.  Le théâtre, c’était sa vie, c’était elle. La joie est grandiose d’être sur une scène même pour un petit rôle…Anne-Marie nous conte sa vie avec parfois mélancolie  mais aussi beaucoup humour.

La mise en scène est sobre et élégante. La scénographie Emmanuel Clolus est magnifique. Au centre du plateau un Récamier sur lequel git un sac à main, coté cour une paire d’escarpin oubliée…Sur les murs sont projetés par intermittence des tableaux de personnages perdus dans le brouillard du passé conçus spécialement pour ce spectacle par Örjan  Wikström, c’est enveloppant et émouvant.

Les confidences d’Anne-Marie sont entre coupées par la musique Laurent Durupt d’après Bach et Brahms au piano c’est transperçant.

Photo-_Simon_Gosselin_

André Macron nous ensorcelle, dès le premier instant nous avons devant les yeux Anne-Marie qui préfère mettre ses chaussons plus confortables que ses escarpins gisants un peu plus loin. Attention ce sont des Furlana Vénitiennes (portés par les gondoliers aux XVIIIe) et elle en possède plusieurs couleurs…

André Macron joue avec une extrême justesse, il nous émeut, nous captive et nous réjouit.

Ce texte de  Yasmina Reza est plein de beauté, d’humanité et de poésie.

Magnifique moment de théâtre.

Claudine Arrazat

 

Assistanat à la mise en scène Oriane Fische / scénographie Emmanuel Clolus  avec le peintre Örjan  Wikström / lumières Dominique Bruguière assistée de Pierre Gaillardot / costumes Marie La Rocca / coiffures et maquillage Cécile Kretschmar / musique Laurent Durupt d’après Bach-Brahms, / transcription pour main gauche de La Chaconne en ré mineur / décor réalisé par les Ateliers de La Colline / production  La Colline – théâtre national  / édition Le texte de la pièce Anne-Marie la Beauté de Yasmina Reza est paru en janvier 2020 aux éditions Flammarion.

 

La Colline, 15 rue Malte-Brun 75020 – Paris

du 30 novembre au 23 décembre 2021 au Petit Théâtre

du mercredi au samedi à 20h, le mardi à 19h et le dimanche à 16h

durée 1h15

 

Tag(s) : #Th. de la Colline, #Critiques

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