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Artaud Passion de Patrick Trigano   mise en scène Ewa Kraska   par AncreWilliam Mesguich et Nathalie Lucas.

Magnifique Bouleversant, Poignant.

En 1946, Antonin Artaud sort de l’asile de Rodez après 9 années d’internement dans différents lieux où il a subi des séances d’électrochocs, le traitement au cardiazol …

Il disparait en 1948. Pendant les 4 dernières années de sa vie, il lie connaissance avec Florence Loeb, fille de son ami Pierre Loeb grand marchand d’art.

Ce texte est librement inspiré cette relation.

© Patrice Trigano.

Dans la pénombre William Mesguich impressionnant s’avance ….

Artaud apparait venant d’un autre monde. La lumière croit lentement sur son visage terrifié et creusé par la souffrance. Son corps se contorsionne dans la douleur mais dans ses yeux une étincelle rayonne et nous transperce. C’est sa révolte contre un monde où les gens hors norme n’ont pas leur place.

 

  « ..J’ai choisi le domaine de l’ombre et de la douleur comme d’autres celui du rayonnement et de l’entassement de la matière…. »

Nous sommes hypnotisés, la salle ose à peine respirer tant l’émotion et grande.

 

 

Au centre de la chapelle du Roi René, Florence repose sur un lit, dans un rêve éveillé, elle évoque ses souvenirs. Dans l’ombre des ténèbres, Artaud l’espionne.

Elle récite « Le roi de Thulé », ce poème de Nerval qu’Artaud lui demandez avec acharnement de proclamer avec  profondeur et puissance.

 « Il était un roi de Thulé

A qui son amante fidèle

Légua comme souvenir d’elle

Une coupe d’or ciselé

…. »

Nathalie Lucas incarne avec brio Florence émerveillée et bouleversante. Parfois gaie parfois plus mélancolique, fascinée par cet homme cassé, détruit mais d’une intelligence et d’une sensibilité exceptionnelle.

©DR

Les différents tableaux se succèdent tous plus poignants et émouvants les uns que les autres.

Un dialogue s’établit entre Artaud et Florence à travers le texte de Patrice Trigano et des extraits d’Artaud. « Pour en finir avec le jugement de Dieu/Van gogh le suicidé de la société : le théâtre et la peste….. »

 

Le texte de Patrice Trigano est d’une grande richesse, il nous fait vibrer, nous interroge et nous donne envie de relire l’œuvre d’Artaud.

La mise en scène Ewa Kraska crée une ambiance un peu mythique, nous partons dans l’au-delà à la rencontre d’Artaud, c’est fabuleux.

La musique d’Olivier Sens, les costumes de Delphine Poiraud, le maquillage d’ Eva Bouillot ainsi que les vidéo de Stéphane Bordonaro contribuent fortement à  intensifier    nos émotions et notre plaisir.

Nous sommes chamboulés, transpercés, bouleversés par cette rencontre avec Artaud plein de violence et de révoltes avec le conformisme mais remplit de tendresse pour sa mère, c’est profondément émouvant. Les spectateurs ont les larmes aux yeux. C’est beaux, profond, poétique.

Nathalie Lucas est émouvante et nous réjouit.

William Mesguich  magistral nous bouleverse de par son jeu, sa gestuelle et son talent. De sa voix s’envolent  les mots pour nous transpercer et nous toucher en plein cœur.

Merci pour ce merveilleux moment de théâtre.

Claudine Arrazat

Régie : Mathieu Ciron

Stagiaire administration : Zoé Casanave

Roi René (Théâtre Du)

4 bis, rue Grivolas
84000 - Avignon

du 7 au 31 juillet - relâche les 19, 26 juillet à 12h20 - Durée : 1h

Tag(s) : #Avignon 2021, #Critiques

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