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Le faiseur de théâtre  de Thomas Bernhard  Mise en scène de Christophe Perton
© Fabien Cavacas

© Fabien Cavacas

Thomas Bernhard  1931-1989 nous conte l’histoire de  Bruscon comédien d’état. Bruscon doit  donner une représentation de sa création à Utzbach dans une auberge villageoise.

Utzbach est un petit village perdu au fin fond de la campagne autrichienne.  

La salle de spectacle est délabrée  et poussiéreuse. Les meubles sont vétustes, la crasse règne.

Bruscon s’offusque, il est odieux, détestable avec l’aubergiste.

 

Sur les murs s’étalent les tableaux hideux.

*Vous êtes tous des Hitler.

 Dira-t-il. En apercevant les multiples portraits d’Hitler.

 

Comment peut-il jouer son œuvre  « La roue de l’histoire », lui le grand dramaturge qui se compare à Shakespeare, Tchekhov……Dans de telles conditions.

*Quoi ? Ici ? Dans cette atmosphère confinée ?

 

Ses uniques comédiens sont sa femme, sa fille et son fils. Il est tyrannique, castrateur, toujours dans la remontrance, imbus de lui-même et d’une misogynie effrayante avec son épouse.

*Quand elle parle, on remarque que son père était maçon.

*Faire du théâtre avec une femme est une catastrophe.

 

Dans un long monologue, il dévoile ses colères, son amertume, il critique la société, le théâtre qu’il  dit détester… pourtant il ne peut s’en passer depuis son enfance…. C’est avant tout un comédien. Mais comment jouer dans un tel contexte…Amour ou Haine ?

Ce texte est magnifique, il est plein de désillusions, d’abominations, de désespoir, d’agressivité, d’emportements  mais aussi d’humour noir.

André Marcon, César du meilleur acteur dans un second rôle pour Marguerite en 2016, nous transporte avec grand brio dans cette tragi- comédie. Il nous hypnotise durant son long monologue. Il est extraordinaire.

Jules Pélissier, Agathe L’Huillier, Barbara Creutz jouent avec grand talent des comédiens sans talent tremblant sous le regard de Bruscon.

Jules Pélissier est époustouflant, il nous émeut par sa gestuelle plus forte que les mots.

 

La mise en scène de Christophe Perton et de Barbara Creutz est astucieuse et nous interpelle, sur le plateau nous avons la réplique du théâtre, comme dans un miroir … le théâtre dans le théâtre.

Où sommes-nous ? Sur scène ? Dans la salle ? C’est énigmatique, magique.

Très beau texte et très beau moment de théâtre.

Claudine Arrazat

© Fabien Cavacas

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Tag(s) : #Critiques, #Th Déjazet

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